Denis Dessus, vice-président du conseil national de l'ordre des architectes"Le coût des PPP hospitaliers augmente considérablement la dette publique"

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Longtemps vanté comme l'outil idéal de financement d'une construction ou d'une rénovation, le Partenariat public-privé (PPP) laisse pourtant sceptique l'architecte Denis Dessus*. Ce dernier dénonce les surcoûts exorbitants d'un tel carcan aucunement adapté aux flexibilités hospitalières.

Hospimedia: "Dans le rapport de Pierre J. Hamel (lire encadré), vous soulignez que "le coût constitue le principal problème" du PPP et que "les hôpitaux sont spécialement inadaptés" à cette formule. Dans quelle mesure ?

Denis Dessus: En construction ou en rénovation, les PPP font perdre à l'acheteur public la maîtrise et le choix réel du projet. La concurrence est drastiquement limitée à quelques opérateurs chez les entreprises et les banques mais également chez les concepteurs. L'objectif est de réaliser le meilleur service public, le coût social, la fonctionnalité, la qualité des soins sont les critères essentiels qui doivent induire la procédure choisie. Pour cela il n'y a aucune valeur ajoutée, bien au contraire, à confier la conception à un groupement privé piloté par un major du Bâtiment et des travaux publics (BTP) ! Les PPP ou les Bails emphytéotiques hospitaliers (BEH) coûtent très chers, et encore plus dans notre domaine car les hôpitaux font l'objet de rénovations et restructurations quasi permanentes, ballottées par les changements d'affectation de lits ou les évolutions réglementaires. En moyenne, une opération lourde tous les 27 à 28 mois ! En PPP, vous êtes ficelés avec le groupement sur la durée du contrat et toute modification va s'avérer très onéreuse. Enfin, il faut comprendre que la maîtrise d'œuvre n'est plus indépendante au service de l'acheteur public mais prestataire du groupement privé qu'elle doit aider à faire sa marge maximale…

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