Permanence des soinsLe risque de décès néonatal s'accroît de 35% la nuit et le week-end
À l'heure où l'épineuse question de la refonte de la PDS en Île-de-France suscite moult débats, une étude écossaise atteste de risques accrus pour les accouchements survenant le week-end ou la nuit en semaine. Le nombre de décès néonatal par asphyxie augmente ainsi de 80% durant ces périodes.
Les enfants qui viennent au monde en dehors des horaires ouvrés classiques de travail présentent un risque plus élevé de décès néonatal, comme le souligne une étude anglaise publiée récemment dans le British Medical Journal (BMJ). Ainsi, se basant sur 1 039 560 naissances vivantes, soit 95% des accouchements survenus en Écosse entre 1985 et 2004, le Pr Dharmintra Pasupathy et ses collègues de l'Université de Cambridge révèlent ainsi que le risque de décès néonatal, à savoir survenu durant les quatre premières semaines post-accouchement, s'accroît de 35% en semaine au-delà des horaires habituels, en l'occurrence de 17h à 9h du lundi au vendredi, le week-end et les jours fériés. De 4,2 décès pour 10 000 naissances en temps ordinaire, on passe à 5,7 le soir et week-end, avec un risque quasi identique que l'accouchement ait lieu entre 17h01 et 8h59 en semaine (5,5 décès) ou le week-end (5,7). Par ailleurs, sur les 595 décès néonataux enregistrés de 1985 à 2004, 54% le sont par asphyxie (ou anoxie) au cours de l'accouchement. Or, ce risque d'asphyxie augmente de 80% les soirs de semaine et le week-end, passant de 1,7 à 2,9 décès pour 10 000 naissances en soirée et 3,1 le week-end. L'asphyxie compte pour 54% des décès le soir et le week-end contre 40% aux heures ouvrées. Hors asphyxie, l'écart est plus mesuré, passant respectivement de 2,5 à 2,6 (+4%)…
