Relations usagers-hôpitalLes critères de choix basés sur des notions d'agrément priment sur la qualité des soins
Bien trop complexes à assimiler, les critères de qualité et de sécurité des soins laissent souvent place chez l'usager à des éléments d'hôtellerie, moins nobles médicalement parlant mais davantage perceptibles, dans son choix d'un établissement hospitalier.
Chambre individuelle à l'ambiance cosy et la vue sur un paysage attrayant, room-service haut de gamme pour les repas, massages à disposition... Une liste d'agréments digne d'un hôtel cinq étoiles* qui tend à émerger dans certains hôpitaux, ces critères de choix entrant en effet pour certains patients en tête de leurs priorités, devant le niveau de qualité et de sécurité des soins affiché par l'établissement, comme le relate un article paru en décembre dernier dans le New England Journal of Medicine (NEJM). À l'intérêt de disposer de médecins de renoms avant les années 1990 pour attirer les patients, la concurrence entre centres hospitaliers s'est ensuite portée la décennie suivante sur le volet financier et la maîtrise des coûts, avant d'y adjoindre ces dernières années le bien-être du patient, constatent les auteurs. Évoquant une enquête menée en 2007 par la société américaine de conseil McKinsey Quarterly, ces derniers rappellent ainsi que sur une échelle de 1 à 100, les sondés plaçaient alors les équipements non médicaux (ponctualité des rendez-vous, propreté, nourriture, hébergement de la famille et des amis...) au-delà de 40 mais la réputation de l'établissement à 20. En outre, un généraliste sur trois confiait accepter d'orienter, sur demande d'un patient, son hospitalisation dans une structure reconnue avant tout pour le niveau de ses prestations hôtelières que la qualité de ses soins…
