Cette interview a été réalisée en collaboration avec nos abonnés Twitter : plus de 1000 internautes, professionnels de la santé, avec qui nous interagissons quotidiennement. Un premier article collaboratif pour un media santé. En savoir plus sur le blog d'hospimedia : http://blog.hospimedia.fr

Geneviève Gaschard-Wahart, nouvelle présidente de l'AFIB"La T2A influence le choix en termes d'achat"

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Mutualisation des plateaux techniques, groupement d'achats, T2A... tout pousse à réglementer la profession d'ingénieur biomédical et à valoriser son expertise. Récemment élue présidente de l'Association française des ingénieurs biomédicaux (AFIB), Geneviève Gaschard-Wahart a exposé son point de vue dans une interview collaborative avec nos abonnés twitter : une première pour Hospimedia.

Hospimedia : "Vous venez d'être élue à la présidence de l'Association française des ingénieurs biomédicaux (AFIB), comment envisagez-vous votre mandat ?

Geneviève Gaschard-Wahart : La priorité de l'AFIB vise à valoriser le métier d'ingénieur biomédical en tant que tel. Pour cela, nous allons travailler sur plusieurs axes. Un groupe maintenance concentre ses échanges pour objectiver le travail de gestion qui est réalisé par l'ingénieur biomédical. Un autre groupe s'attelle à la valorisation des missions, des valeurs et des expertises de la fonction. Et un gros travail de communication sera également mené vers l'extérieur (tutelles, sociétés savantes, fédérations, industriels...) et en interne (échanges entre collègues, réseau professionnel...).

Via twitter : Ce versant communication interne intégrera-t-il les réseaux sociaux ?

G. G.-W. : Nous allons structurer un véritable plan de communication avec objectifs, moyens et outils. En fonction du public touché par les actions (représentation sur salon, réunion interne...), nous adapterons les outils. Les réseaux sociaux intégreront certainement cette stratégie.

H. : Du côté de l'actualité, peut-on dire que la loi HPST a impacté la profession ?

G. G.-W. : Le métier d'ingénieur biomédical reste identique, à savoir la gestion des équipements médicaux depuis le plan d'équipement jusqu'à la mise en œuvre et la gestion du parc. La loi HPST incitant à la coopération et à la mutualisation des moyens, elle devrait occasionner un travail en réseau pluriétablissements. Et considérant que l'expertise technique est la qualité première de l'ingénieur biomédical, il devrait alors logiquement être promu "chef de projet". Nous irons donc vers les ARS pour structurer une vision plateau technique régional pluriétablissements.

Via twitter : La profession a-t-elle été touchée par l'affaire Mediator ? Quid de l'indépendance et des conflits d'intérêt ?

G. G.-W. : L'ingénieur biomédical n'est pas en première ligne mais il risque d'y avoir un impact indirect étant donné les relations avec les industriels qu'impose la fonction. Nous restons donc vigilants dans l'attente de savoir comment cela se mettra en place. Une convention pour chaque établissement entre l'hôpital et l'industriel ? Le fond est noble mais la mise en œuvre risque d'être compliquée.

H. et via twitter : Le groupement d'achat, très en vogue, a-t-il également des répercussions sur votre travail ? Comment la tarification à l'activité influence-t-elle les décisions d'investissements et les choix de dispositifs ?

G. G.-W. : Effectivement, la tarification à l'activité influence aujourd'hui le choix en termes d'achat. Elle fait désormais partie de la réflexion stratégique du développement technique. Retour sur investissement et étude d'impact sur le bassin de population, coûts de fonctionnement et nomenclatures... on réalise aujourd'hui une étude financière complète (dépenses et recettes) : cette démarche qui n'existait pas avant est maintenant automatique. Alors dans cette réflexion, le groupement d'achat, oui c'est intéressant mais seulement pour certains produits et si une attention est portée au volume et à l'environnement industriel. Il ne s'agit pas de mettre en danger certaines sociétés. Vous savez, l'ingénieur biomédical effectue une veille technologique très forte (d'où sa proximité avec les industriels) et le parc d'équipements a presque doublé ces dernières années, avec une explosion des moyens techniques non invasifs notamment. L'évolution est tellement rapide que l'humain a du mal à se l'approprier et à l'assimiler. Notre domaine d'achat est complexe : des essais de groupement d'achats ont été faits mais on cherche encore un segment et une articulation pour le développer. D'autant que le secteur public est soumis à des règles très structurées."

Propos recueillis par Pia Hémery