Gestion des risques

Un nouveau guide détaille la stratégie d'atténuation désormais à l'œuvre face au Covid-19

Le ministère de la santé publie un nouveau guide méthodologique pour accompagner les acteurs sanitaires et médico-sociaux alors que la France est passée au stade 3 de l'épidémie de Covid-19. L'objectif désormais est d'en atténuer les effets.Face à l'épidémie nationale du nouveau coronavirus Covid-19 "qui débute", avec une "circulation rapide et intense" dans de nombreuses zones du territoire, la France est passée au stade 3, a annoncé le 14 mars Jérôme Salomon, directeur général de santé. Cette nouvelle phase entraîne une stratégie sanitaire différente, d'atténuation, avec le passage d'une logique de détection et de prise en charge individuelle à une logique d'action collective. Ce 16 mars, le ministère des Solidarités et de la Santé a donc publié et diffusé auprès des acteurs de santé un nouveau guide méthodologique, traçant les grandes orientations de cette stratégie pour les établissements de santé, la médecine de ville et les établissements et services médico-sociaux (à télécharger ci-dessous). Un premier guide de préparation au risque épidémique a déjà été publié fin février (lire notre article).

Ce document "n'a pas vocation à définir des organisations strictes" mais propose des orientations qui devront être adaptées en fonction des régions, des organisations et de la démographie. Des fiches techniques synthétiques seront publiées dans un deuxième temps. Le stade 3 "nécessite désormais d'atténuer et de décaler les effets de la vague", a souligné Jérôme Salomon. "Nous évoluons vers une épidémie généralisée dans les tout prochains jours mais tout va dépendre du comportement du virus mais surtout du respect par les individus et la collectivité des mesures barrières", a-t-il insisté.

Stratégie en quatre axes

La stratégie d'atténuation repose sur quatre actions essentielles, précise le guide, avec l'accueil des formes sévères, critiques ou complexes dans les établissements de santé de première et deuxième ligne. La prise en charge en réanimation "représente probablement le principal défi à relever". Ainsi, chaque établissement doit identifier "au plus vite" une stratégie propre "en renforçant les capacités de prise en charge des patients critiques". Les formes modérées seront, elles, prises en charge en médecine de ville et par les structures d'hospitalisation à domicile.

Le Samu-Centre 15 "joue un rôle essentiel dans la régulation médicale et la coordination des différents acteurs", poursuit le ministère. Et ce, afin de ne pas saturer les établissements de santé. La montée en puissance des Samu-Centre 15 doit alors être organisée. Enfin, quatrième action, la préservation des personnes fragiles au sein des établissements médico-sociaux. En s'appuyant sur leur plan bleu, il s'agit, "de prévenir et contenir le cas échéant, la transmission et d'assurer dans la mesure du possible la prise en charge des malades dans ces structures, en renforçant leur médicalisation en lien avec la médecine de ville, y compris par téléconsultation". Là encore, l'objectif est d'éviter la saturation des établissements de santé.

Montée en puissance de l'ensemble du système de santé

La montée en puissance et la coordination de l'ensemble des acteurs du système de santé sont essentielles, insiste le guide. La planification régionale de l'offre de soins doit être élaborée avec l'ensemble des acteurs. "La mise en œuvre de ces mesures prévues dans le plan Orsan-Reb* doit être coordonnée par la cellule régionale d'appui au pilotage sanitaire de l'ARS". Comme le premier opus, ce nouveau document n'impose aucune disposition réglementaire nouvelle. Il s'attache à décrire le pilotage de la réponse, l'organisation de l'aide médicale urgente, l'organisation des établissements de santé, la prise en charge en ville et, enfin, consacre un chapitre au secteur médico-social.

Le ministère rappelle que les établissements de santé habilités Covid-19 sont mobilisés en première intention pour la prise en charge des patients présentant des formes sévères ou graves. L'orientation des patients présentant d'autres pathologies vers les établissements non directement mobilisés pourra permettre de centraliser les ressources et de disposer temporairement de plateaux techniques strictement dédiés au coronavirus. Un renforcement des effectifs et un partage des ressources doivent également être anticipés, notamment pour faire face à l'absentéisme qui est à prévoir en phase épidémique.

Dispositif barrière robuste en Ehpad

Les personnes âgées en collectivité sont particulièrement vulnérables. Les Ehpad et établissements de soins de longue durée
 (USLD) doivent donc mettre en place "un dispositif barrière robuste". Le guide apporte ainsi des éléments d'information sur les modalités à mettre en œuvre au sein de ces structures. Les mesures d'hygiène sont un socle auquel il ne doit pas être dérogé. Elles pourront être renforcées "par des mesures particulières à adapter selon la typologie des personnes hébergées, pendant toute la période de circulation active voire très active du virus au sein du territoire national".

Concernant la prise en charge en ville enfin, "les spécificités territoriales nécessitent d'être prises en compte". L'accompagnement en ambulatoire repose, en première intention, sur les professionnels de santé habituels, médecins, acteurs paramédicaux, centres et maisons de santé. Sur certains territoires et en fonction du déploiement du virus, des professionnels de renfort —
 médecins, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes — "volontaires, formés", pourront être mobilisés en lien avec l'ARS et avec l'appui de l'Assurance maladie. "Ces professionnels pourraient assurer les missions de suivi des patients isolés mais également intervenir en renfort de structures médico-sociales."

Cécile Rabeux

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