Les achats dans le médico-socialLa massification n'est pas le seul levier
Au tour du secteur du médico-social de se lancer dans la réorganisation de sa fonction achat. Si la mutualisation et la massification s'imposent comme des leviers majeurs, il existe néanmoins d'autres pistes d'actions pour s'adapter à la singularité de ce secteur.
La mutualisation des achats est un moyen pour les établissements de faire des économies tout en conservant des garanties de qualité sur les produits qu'ils acquièrent. Si le secteur sanitaire semble familier de cette pratique, le secteur médico-social tend lui aussi à la développer de plus en plus. Ainsi, le Réseau des acheteurs hospitaliers d'Île-de-France (RESAH-IDF) a comme objectif de déployer une offre dans les domaines spécifiques des établissements médico-sociaux. Par exemple, a expliqué Alexandra Donny, directrice adjointe au RESAH-IDF, lors d'une conférence à Geront Expo ce jeudi, le réseau travaille actuellement sur l'évaluation externe pour proposer aux EHPAD une liste limitée d'organismes habilités par l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM).
Besoins spécifiques
Le RESAH-IDF entend également faire adhérer aux domaines qu'il traite le secteur privé non lucratif encore très peu présent dans ce regroupement d'achats. Véronique Chasse, responsable du projet achat au sein de la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP), a rappelé qu'il faut tenir compte de la spécificité de ce secteur mais aussi de sa diversité d'activité et d'organisation. D'autre part, la taille des établissements entre également en ligne de compte. En comparaison avec le secteur sanitaire, les volumes et besoins ne sont pas similaires, a indiqué Alexandra Donny. Par exemple, il est difficile pour un EHPAD d'obtenir un contrat spécifique pour la maintenance d'un ou de deux de ses ascenseurs par rapport à un CHU. Cependant, il existe aussi des domaines similaires, comme l'alimentation, qui peuvent fonctionner aussi bien pour le sanitaire que pour le médico-social.
Vers une plateforme logistique
Au regard des besoins singuliers des EHPAD, le RESAH-IDF se penche actuellement sur une piste de réflexion : la mise en place de plateforme logistique. Il s'agit en effet d'une problématique entière. Le but, a détaillé Alexandre Donny, serait par exemple de parvenir à une meilleure répartition des produits sur un même territoire. Car, à l'heure actuelle, les établissements s'organisent directement auprès des fournisseurs pour la livraison. De fait, comme l'a fait remarqué un intervenant lors de la conférence, les coûts pour ces derniers peuvent s'avérer plus importants s'il s'agit de livrer de petite quantité à un seul établissement.
D'autres leviers
La massification des achats, levier majoritaire de la fonction achat, n'est pas l'unique solution pour les établissements médico-sociaux de rationaliser leurs achats, a indiqué Véronique Chasse. Ainsi, travailler sur les besoins peut être un point de départ. Car le risque avec la massification est de se retrouver avec des produits trop éloignés des besoins de départ. Travailler à leur standardisation est donc important. Un levier plus logistique peut aussi être mis en place. Ne pas assez rationaliser sa commande, a souligné Véronique Chasse, causera des problèmes de stockage et donc de coût. Enfin, établir la différence entre le coût d'achat et le coût global (produit, livraison, stockage, utilisation...) permet d'obtenir le coût réel en identifiant les coûts cachés, a-t-elle ajouté. Un levier qui n'est pas évident à mettre en place mais qu'un contrôleur de gestion peut aider à résoudre.
Reste donc aux établissements médico-sociaux de trouver la solution convenant le mieux à leurs besoins.
Géraldine Tribault
