Politique de santé

Les flux de population préalables au confinement obligent le système de santé à s'adapter

Dès l'annonce du confinement, certains citadins ont décidé de se mettre au vert. Des flux migratoires qui ne sont pas sans conséquences sur l'organisation des prises en charge en région. Bretagne et Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement impactées.L'annonce le 16 mars par le président de la République de l'entrée en confinement pour les Français, à compter du lendemain, a engendré des flux migratoires au travers du pays. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) estime à 17% le nombre de Parisiens ayant quitté la capitale. Conséquence de ces déplacements de population, certaines zones du territoire ont vu leur nombre d'habitants s'accroître considérablement en quelques heures. Une problématique inédite qui s'ajoute à la gestion de crise et face à laquelle certains établissements et ARS doivent s'adapter rapidement.

2 000 "réfugiés" estimés en Bretagne

En Bretagne, la préfecture du Morbihan — déjà mobilisée fortement sur le front du Covid-19 — et l'ARS Bretagne s'accordent sur une estimation : 2 000 personnes sont arrivées sur le territoire, pour le seul département du Morbihan.
Ces personnes, rappellent les représentants de l'État, doivent demeurer confinées et respecter les mesures de distanciation sociale. "Notre difficulté est de mesurer cet afflux le plus précisément possible à l'échelle régionale pour adapter le système de santé", confie l'ARS à Hospimedia. Par ailleurs, les préfectures bretonnes prennent une à une des arrêtés pour interdire les plages ou plus globalement limiter les activités de loisirs.

Autre région fortement impactée par cet afflux de "touristes" d'un nouveau genre : la Nouvelle-Aquitaine. Le département de Charente-Maritime et le CH Saint-Martin-de-Ré semblent plus particulièrement concernés. Éric Morival, directeur de la délégation départementale de Charente-Maritime au sein de l'ARS, confirme à Hospimedia l'ouverture de deux centres de soins spécialisés Covid-19. Il s'agit pour l'un de la réactivation du dispositif estival sur l'Île de Ré, avec la mise à disposition des ressources logistiques par le centre hospitalier et de ressources médicales par les libéraux. Sur l’île d’Oléron, le site qui garantira la prise en charge des patients Covid-19 est la maison médicale de garde de Saint-Pierre. Ces dispositifs, indique l'ARS Nouvelle-Aquitaine, seront opérationnels au plus tard le 23 mars.

Pas d'inquiétude en Normandie

En Normandie, c'est le département du Calvados qui accueille le plus de résidences secondaires (17,9% des logements). Cependant, l'afflux éventuel d'arrivants de la région parisienne n'inquiète pas l'ARS Normandie, contactée par Hospimedia. En effet, les établissements de santé du Calvados ont mis en place un plan d'augmentation des capacités de réanimation dans l'hypothèse d'un pic épidémique. "C'est une organisation qui était d'ores et déjà prévue, indépendamment de l'arrivée de nouvelles personnes mais ça permettra d'absorber un nombre supplémentaire de patients si besoin", rassure l'ARS. La mise en place des plans blancs et la stratégie générale d'anticipation d'un afflux de nouveaux cas devrait ainsi répondre aux besoins de place dans les hôpitaux.

Également contactées par la rédaction d'Hospimedia, les ARS des régions Corse, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Occitanie n'ont, à l'heure où nous publions, pas donné suite à nos sollicitations. L'ARS Centre-Val de Loire a pour sa part indiqué qu'elle n'a pas de précision à apporter sur ce sujet.

Perrine Debacker, Clémence Nayrac et Thomas Quéguiner

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