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La gratuité des transports pour les soignants se met en place

Régions, SNCF, RATP, entreprises... les initiatives pour rendre gratuits les transports pour les soignants se multiplient. Un objectif : leur faciliter l'accès au lieu de travail dans des conditions où, justement, les transports en commun sont réduits et pas forcément adéquats à leurs horaires.
"La SNCF propose la gratuité des trajets en TGV et Intercités pour les professionnels médicaux — médecins, aides-soignants, infirmiers — qui répondent aux appels des clusters Covid-19." C'est par ce message diffusé sur Twitter qu'Alain Krakovitch, directeur général de la SNCF transilien, a annoncé la nouvelle le 23 mars. La SNCF précise avoir entendu l'appel de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) aux professionnels médicaux et paramédicaux disponibles dans les semaines à venir pour renforcer les équipes de ses trente-neuf hôpitaux ainsi que celui de l'ARS Île-de-France.


Par conséquent, l'entreprise ferroviaire a décidé de proposer la gratuité des trajets en TGV (Inoui et Ouigo) et Intercités pour les soignants répondant à cet appel de solidarité. Elle précise toutefois que la gratuité n'est valable que sur présentation de la carte professionnelle ou attestation de l'employeur donnant le droit de se déplacer auprès des agents SNCF présents sur les quais et dans les trains. "Les trajets offerts pourront être des territoires dits de province vers Paris et inversement", est-il détaillé dans le message diffusé. La SNCF accompagne ainsi "à sa mesure la mobilisation de personnels médicaux amenés à intervenir sur d'autres régions que celle de leur domicile afin de faciliter leurs déplacements longue distance", est-il souligné.

Les régions mobilisées

Pour ce qui est des trajets via les TER, ce sont les régions qui se sont dans ce cas mobilisées pour rendre gratuits les moyens de transport. À l'image de la région Hauts-de-France qui a annoncé le 21 mars dans un communiqué que les soignants "pourront emprunter gratuitement les TER et les cars interurbains de toute la région, à la demande de Xavier Bertrand, président de région, et en accord avec la SNCF". Une mesure ouverte non seulement pour les personnels des établissements de santé, sociaux et médico-sociaux mais aussi les personnels des établissements accueillant des personnes handicapées, des services d'aide à domicile ou encore les professionnels de santé libéraux... Ce dispositif a été mis en place par d'autres régions : le Grand-Est, l'Auvergne-Rhône-Alpes ou encore le Centre-Val de Loire dès le 23 mars. Et ceci sur présentation de la carte professionnelle ou d'une attestation sur l'ensemble du réseau géré par les régions. Dans son communiqué, la région Auvergne-Rhône-Alpes précise avoir demandé à la SNCF de mettre en place à partir du 23 mars un plan de transports qui assure au moins un aller-retour quotidien "entre les principales villes de la région (un train par sens le matin, un train par sens le soir), en train ou en autocar lorsque le train ne peut pas circuler, en privilégiant le périurbain (domicile-travail)".

Vingt lignes dédiées pour le personnel hospitalier en Île-de-France

Île-de-France mobilités et la RATP ont mis en place vingt lignes de bus exclusivement réservées aux personnels hospitaliers, "avec un intervalle de passage d'un bus toutes les 30 minutes sur chaque ligne", sur des horaires dédiés : 6h-9h ; 12h-15h ; 19h-22h. Dans un communiqué commun, les deux services précisent avoir élaboré et construit ce dispositif avec l'AP-HP. L'objectif étant de permettre aux personnels hospitaliers "de se rendre sur leur lieu de travail sans difficulté". Ce service s'inscrit "en complément de la continuité de service sur le réseau francilien qui a maintenu une offre, même si réduite, pour permettre aux autres fonctions fondamentales de fonctionner et de se déplacer". Ces navettes dédiées s'inscrivent par ailleurs dans le cadre d'actions menées pour faciliter le déplacement des soignants. Île-de-France mobilités a ainsi renforcé six lignes de transport à la demande sur : Rambouillet, Houdan (Yvelines), Férolles, Jossigny, Nemours et Montereau (Seine-et-Marne), Pontoise (Val-d'Oise). Un site dédié a également été mis en place.

Et les entreprises

Les entreprises ont elles aussi décidé de se mobiliser. Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le 16 mars lors de son allocution la possibilité de mobiliser les taxis pour les déplacements des soignants (lire l'encadré ci-dessous). À Nice (Alpes-Maritimes), le syndicat des taxis niçois a diffusé le 22 mars sur Twitter un message pour leur annoncer la gratuité de ses services. De son côté, Alliance autocar (lire l'encadré ci-dessous) a indiqué dans un communiqué le 15 mars "réquisitionner sa flotte d'autocars au service du personnel des secteurs vitaux pour le fonctionnement du pays : préfectures, hôpitaux, administrations, centres médicalisés, supermarchés, maisons de retraite, etc.". Pour autant dans ce cas, le service n'est pas gratuit mais se fait sur la base d'un tarif minimum, a indiqué Alexandre Woog, son directeur général, cité dans le communiqué. L'entreprise Virtuo a de son côté décidé de mettre gratuitement à disposition sa flotte de véhicules, soit cinquante voitures à Paris et cinquante en région accessibles 24h/24 pour les soignants. Cité dans le communiqué du 19 février, le cofondateur de Virtuo, Karim Kaddoura, indique : "Nous avons mis en place un numéro spécifiquement dédié pour le soignant afin de lui indiquer la marche à suivre. Mais il lui suffit de télécharger l'application, de réserver en ligne, puis de prendre possession et de retourner son véhicule en totale autonomie à l'aide de son smartphone (photo de sa carte professionnelle de santé et du permis, clé digitale, configuration et options de la location…) dans les stations Virtuo. Le soignant pourra garder le véhicule le temps nécessaire."

Fiche sur la mobilisation des taxis

Une fiche diffusée par le Gouvernement détaille les conditions. Le service ne s'apparente pas à une "réquisition" mais est proposé dans le cadre d'une prestation hospitalière classique. En outre, il est prioritairement réservé aux personnes confrontées à des dépassements d'amplitudes quotidiennes ou hebdomadaires autorisées ou affectées en cellule de crise ou encore aux personnels mobilisés par des établissements éloignés de leur domicile. Ce service peut aussi être mis en place pour les personnes qui se retrouvent "sans modalités de transports personnels ou en commun". Charge aux établissements de s'organiser en interne pour proposer ce service sans que les personnes concernées n'avancent les frais, "l'établissement prenant à sa charge le paiement des courses". À ce titre, les factures devront être demandées et transmises par les agents bénéficiaires. De même la DGOS doit diffuser un modèle de convention type pour permettre le remboursement des établissements par les caisses primaires d'assurance maladie (Cpam). "La facturation sera faite directement à l’établissement de santé ou médico-social sur un abonnement taxis dédié".

Géraldine Tribault
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