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Le Haut Conseil de la santé publique est circonspect sur l'utilisation de la chloroquine

Alors que les appels se multiplient en faveur du traitement du virus Sars-Cov-2 par l'hydoxychloroquine, le Haut Conseil de la santé publique complète ses recommandations thérapeutiques. Il insiste sur le besoin de procéder à des essais cliniques.Dans un nouvel avis, concerté avec les sociétés savantes, de recommandations thérapeutiques contre le coronavirus Sars-Cov-2, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) tempère l'enthousiasme montant autour de l'hydroxychloroquine, associée à un antibiotique. "En raison des très fortes réserves sur l’utilisation de l‘hydroxychloroquine liées au très faible niveau de preuve, tous les moyens nécessaires doivent être mobilisés pour la réalisation d’essai démonstratif", estime-t-il. Un avis partagé par les pouvoirs publics et la communauté scientifique qui inclut ce traitement dans un essai randomisé (lire notre article).

Le HCSP recommande en ce sens d'inciter les praticiens à inclure les patients dans les essais cliniques, de préférence à promotion académique. "Ceci est indispensable pour avancer sur la connaissance de la maladie, pour déterminer l’efficacité et la sécurité d’emploi des médicaments testés ; ces connaissances sont indispensables à la prise en charge des patients à la fin de la première vague épidémique mais aussi des suivantes", estime-t-il. En dehors des essais thérapeutiques, il rappelle que le prescripteur engage sa responsabilité avec le recours hors-autorisation de mise sur le marché.

Réserves partagées par les praticiens hospitaliers

L'enthousiasme pour l'hydroxychloroquine dans la population continue d'alimenter certaines inquiétudes. "Ce qui s’apparente à une expérimentation en vie réelle sur la population, de médicaments mal évalués dans le Covid-19, doit être maîtrisé au plus vite", estiment plusieurs organisations* de praticiens hospitaliers dans un communiqué. Elles appellent ainsi à un encadrement de l'utilisation de ce médicament face à ses effets indésirables. Elles craignent également une pénurie de traitements pour les malades du lupus, traités par cette molécule. Dans un communiqué distinct, France assos santé appelle également à la "vigilance" en l'absence d'études cliniques.

Un essai clinique sur les médecins malades proposés

Dans une lettre adressée au ministre des Solidarités et de la Santé, Thierry Lardenois, le président de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf), propose de constituer un essai clinique de l'hydoxychloroquine incluant uniquement les médecins malades. "Les médecins disposent des compétences scientifiques pour un usage de la molécule dans des conditions de sécurité et les capacités professionnelles pour prendre les précautions pré-cliniques à son usage", avance-t-il. Selon l'auteur du courrier, des résultats pourraient être obtenus sous dix jours grâce à la surveillance de médecins biologistes et de cardiologues. "Pour valoriser au mieux cette expérience et en tirer les engagements applicables à l’ensemble de la population, je vous propose la création, sous votre autorité, d’une cellule de suivi des médecins concernés qui pourrait faire un bilan sur un nombre significatif de cas", propose-t-il.

Jérôme Robillard

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