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Aide à domicile

Les interventions auprès des publics fragiles sont "absolument prioritaires"

La DGCS actualise ses recommandations aux services d'aide à domicile et apporte des éléments de réponse pour l'aménagement des interventions. Les publics fragiles sont prioritaires pour éviter les ruptures d'accompagnement. Pour les personnes non fragiles, le maintien des visites relève de la responsabilité individuelle des Saad et des usagers.Les interventions auprès des personnes fragiles sont "absolument prioritaires", celles auprès des publics non fragiles "relèvent de la responsabilité individuelle du service et de ses usagers". Depuis le début de la crise épidémique liée au Covid-19, le secteur de l'aide à domicile attendait des recommandations sur la priorisation des interventions. Dans une fiche datée du 2 avril, et relayée par l'Uniopss sur son site, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) actualise la conduite à tenir pour les interventions des services d'aide et d'accompagnement à domicile (Saad) auprès de personnes âgées et en situation de handicap (à télécharger ci-dessous). Ces recommandations doivent être envisagées "dans le respect des préconisations locales délivrées par l'ARS et la préfecture", précise en préambule l'administration centrale.

En cas de difficulté à assurer la continuité de l'intégralité de l'activité, la DGCS indique donc que les publics fragiles sont prioritaires "afin d'éviter les situations de rupture d'accompagnement". Pour les personnes non fragiles, le maintien des interventions doit être décidé selon une logique territoriale, en fonction des besoins des personnes fragiles sur le territoire, mais aussi dans une visée de mutualisation et de soutien aux établissements et services en difficulté. Les sorties d'hospitalisation doivent aussi être prises en compte, ajoute la DGCS.

Mesures d'isolement et de protection à domicile

Le document s'attache également à éclairer les modalités de prise en charge à domicile des cas confirmés. La DGCS signale que les "cas suspects ne présentant pas de critères de gravité doivent faire l'objet sans attente de mesures d'isolement et de protection et doivent rapidement être évalués par le médecin traitant". Les interventions sont alors réduites aux seuls actes essentiels, le nombre d'intervenants est limité, et si possible, une équipe dédiée est constituée. Le document détaille par ailleurs les modalités de surveillance à domicile, les mesures barrières et de distanciation sociale et les bonnes pratiques au sein du logement. La DGCS indique que des mesures de soutien des salariés doivent être organisées, à travers une information régulière, et dans la mesure du possible, une ligne téléphonique dédiée — a minima pendant les plages horaires d'intervention — et un appui psychologique.

Abaisser le risque de contamination

Si les services décident de maintenir les interventions auprès de publics non fragiles, et notamment des mineurs, les aides à domicile doivent suspendre leurs autres missions, reprend la DGCS. Et ce, pour abaisser le risque de contamination des personnes âgées et en situation de handicap. Le tout, dans un respect scrupuleux des gestes barrières.

D'une façon générale, les services sont autorisés à moduler ou suspendre certaines interventions, y compris auprès des personnes fragiles, affirme la DGCS, "dans le respect des consignes nationales et locales". Pour l'administration, la priorisation des interventions vise à limiter, autant que possible, le niveau d'exposition des personnes vulnérables au Covid-19 "et donc le niveau de contact avec une diversité d'intervenants extérieurs". Elle vise, secondairement, à permettre aux Saad de s'adapter à un éventuel absentéisme. L'organisation des interventions doit donc être régulièrement actualisée. Les services peuvent par ailleurs envisager de revoir la durée et la fréquence des visites, pour "maintenir le maximum d'accompagnements".

Critères de priorisation

Plusieurs critères sont listés par la DGCS pour aiguiller les Saad dans la priorisation des accompagnements et notamment la prise en compte de certaines situations : isolement des personnes, sortie d'hospitalisation, sortie d'établissement ayant été fermé ou besoin de répit des proches aidants. Les capacités de protection des salariés et les mesures de non-diffusion du Covid-19 doivent aussi être prises en compte.

La situation est toujours évaluée avec les personnes accompagnées et les aidants, ajoute la DGCS. Ces derniers doivent d'ailleurs être soutenus "dans cette période qui les mobilise fortement", reconnaît l'administration. En cas de suspension ou d'espacement des visites, des appels téléphoniques réguliers sont organisés, pour "maintenir un lien" et remettre en place des interventions en cas de dégradation de la situation.

Recommandations pour les Saad famille

La fiche contient aussi des recommandations spécifiques pour les Saad famille. Ces services sont appelés à élaborer un plan de continuité de l'activité avec le conseil départemental et les associations, et à lister les situations prioritaires nécessitant un contact présentiel. Un contact régulier par téléphone avec les familles le nécessitant, est également maintenu. "Une intervention au sein des familles particulièrement vulnérables, quel que soit le fait générateur, est envisageable et laissée à l'appréciation des Saad", note la DGCS.

Cécile Rabeux

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