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De premiers hôtels s'ouvrent à l'accueil de patients Covid-19 en Île-de-France


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À Paris et en petite couronne, un groupe hôtelier a décidé d'ouvrir certains établissements à des patients asymptomatiques ou atteints légèrement du Covid-19. Objectifs : leur éviter de rentrer chez eux et contaminer leurs proches ; désengorger les hôpitaux. Encore à finaliser, ce dispositif s'annonce comme une des pistes clés du déconfinement.

Information mise à jour : Le projet d'hébergement en hôtel, qui associe l'AP-HP, la municipalité parisienne et le groupe Accor est baptisé "Covisan"*. Quatre hôpitaux du CHU francilien sont pour l'heure concernés, a indiqué la ville de Paris le 17 avril dans un communiqué. Mais l'objectif est "d'organiser rapidement une montée en puissance" en priorisant les quartiers populaires.

Intervenant ce 16 avril dans la matinale de France Inter, le président-directeur général (PDG) du groupe hôtelier français Accor, Sébastien Bazin, a annoncé que plusieurs de ses établissements allaient accueillir ce même jour de premiers patients infectés par le Covid-19. Dans l'immédiat, quatre hôtels pilotes sont ainsi concernés en Île-de-France. La décision est intervenue la veille au soir, en lien notamment avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Les logements sont situés dans la capitale près des hôpitaux Bichat (18e arrondissement) et la Pitié-Salpêtrière (13e) ainsi que des hôpitaux Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et Louis-Mourier à Colombes (Hauts-de-Seine). Il s'agit d'héberger des personnes "porteuses du virus de manière asymptomatique ou faible mais qui sont contaminantes". Et selon le dirigeant, le groupe a déjà recensé "plus de 300 hôtels qui ont dit "oui" et qui sont volontaires" pour accompagner le monde médical.

À prix coûtant entre 30 et 50 €

Le détail du dispositif, par exemple son volet financier, reste encore à finaliser. "A priori ce sera sous l'égide de l'AP-HP, peut-être de la Croix-Rouge française qui s'est aussi portée volontaire, a indiqué Sébastien Bazin. Sûrement certains de nos collaborateurs seront volontaires pour faciliter la prise en main de l'hôtel." Quant aux prix pratiqués, le PDG évoque une possible transposition du dispositif mis en place sur la plateforme Ceda (pour coronavirus emergency desk Accor). Celle-ci a été créée courant mars par Accor pour mettre ses établissements à disposition du personnel soignant et des populations défavorisées. C'est "au prix coûtant de la chambre donc entre 30 et 50 euros (€), ça dépend de l'établissement mais nous ne gagnons rien". En revanche, il est encore trop tôt pour savoir précisément qui de l'AP-HP ou de l'État paiera. Enfin, les "mesures d'hygiène seront renforcées avant, pendant et surtout après" pour réaccueillir après des clients plus "classiques".

À l'AP-HP, la communication sur le sujet viendra plus tard, a indiqué ce 16 mars face à la presse son directeur général, Martin Hirsch, possiblement sous vingt-quatre heures pour être en mesure de fournir des informations "moins parcellaires" et "moins hypothétiques". Deux raisons à cela : d'une part le CHU souhaite au préalable disposer d'un recul suffisant sur les premières opérations conduites et savoir ainsi si elles s'avèrent concluantes et d'autre part le cadre multipartenarial n'est pas encore complètement finalisé. "La priorité est d'agir en premier lieu dans les quartiers populaires, puisque les premières cartographies montrent qu'ils sont plus touchés que la moyenne", a indiqué pour sa part la municipalité le 17 avril dans un communiqué. Autour de ce projet baptisé "Covisan"*, "l'ambition est d'organiser rapidement une montée en puissance [...] de cette démarche, reposant sur de petites équipes interventionnelles, sur des plateformes téléphoniques permettant les inscriptions, le suivi et les interventions, sur l'analyse des données, et sur une bonne répartition des tâches entre tous les acteurs."

"Casser la chaîne de transmission"

Cet accueil des malades très faiblement voire pas du tout symptomatique dans des hôtels est l'une des pistes de sortie du confinement évoquée à plusieurs reprises par le conseil scientifique Covid-19 dans ses avis voire le chef de l'État lui-même durant sa dernière allocution télévisée le 13 avril. Pour des patients convalescents ne nécessitant pas ou plus d'être hospitalisés, ce type d'hébergement leur permet de rester isolés pour ne pas contaminer leurs proches. En outre, cela participe à désengorger les hôpitaux. À Perpignan (Pyrénées-Orientales) par exemple, un hôtel du sud de la ville a servi à confiner une vingtaine de personnes après leur hospitalisation. Dans le Bas-Rhin aussi, l'isolement en hôtel a fait ses preuves, évitant des contaminations dans des squats et permettant la prise en charge de patients vulnérables. Et comme le soulignait le 10 avril le Pr Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à la Pitié-Salpêtrière, la mise en place d'un dispositif non coercitif de logements en chambres d'hôtel, couplée à diverses autres mesures, permet de "forcer l'amélioration" de la situation et très clairement "casser la chaîne de transmission(lire ici et nos articles).

Thomas Quéguiner

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