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Le CHU de Saint-Étienne lance un essai clinique sur la contamination des soignants

Évaluer plusieurs médicaments pour prévenir l'infection par le Sars-Cov-2 chez le personnel soignant. C'est l'ambition de l'essai clinique lancé par le CHU de Saint-Étienne et l'Institut Pasteur. Six cent soignants seront inclus à cet essai.

Le CHU de Saint-Étienne (Loire) et l'Institut Pasteur ont débuté un essai clinique national, appelé Covidaxis, afin d'évaluer plusieurs médicaments et prévenir l’infection par le Sars-Cov-2 chez le personnel soignant, a annoncé le CHU le 17 avril. S'il n'existe pas de recensement des soignants atteints par le Covid-19, ces derniers ne sont en effet pas épargnés par l'épidémie et "de nombreux cas ont été décrits chez les professionnels de santé dans tous les pays confrontés au Covid-19", remémore l'établissement.

600 soignants inclus

"En l’absence de vaccin, il est important d'évaluer si certains médicaments disponibles peuvent prévenir l'infection", poursuit-il. L'essai clinique prévoit ainsi de tester l'hydroxychloroquine contre son placebo puis le lopinavir/ritonavir également contre son placebo. "Ces deux médicaments sont commercialisés depuis de nombreuses années avec un profil de tolérance satisfaisant. Ils ont fait preuve d'une activité anti-virale in vitro contre le Sars-Cov-2 et leur efficacité en tant que traitement curatif est en cours d’évaluation", précise le CHU.

Afin de tester l’efficacité protectrice de ces médicaments, 600 soignants travaillant en hôpital, en Ehpad ou en libéral seront inclus dans chacun des deux volets de l’étude et prendront le médicament actif ou son placebo pendant deux mois. Les soignants qui souhaitent participer sont invités à s'inscrire en ligne. "Pour que l’étude donne des résultats indiscutables, l’essai clinique sera randomisé et en double aveugle, ni les participants ni les médecins qui les suivront ne connaîtront la nature du traitement attribué", souligne l'établissement stéphanois.

Un comité indépendant suivra le déroulement de l’essai en temps réel afin de s’assurer de la sécurité des participants et réaliser des analyses intermédiaires pour éventuellement conclure plus rapidement que prévu à l’efficacité ou à l’inefficacité des traitements testés. L'essai est adaptatif, ce qui permettra d’ajouter des médicaments à tester en cours d’essai.

Repère

Ce projet est porté par le Pr Élisabeth Botelho-Nevers, responsable des unités cliniques du service d’infectiologie du CHU de Saint-Étienne et le Pr Bruno Hoen, directeur de la recherche médicale de l’Institut Pasteur. Le réseau Sentinelles et le Collège de médecine générale sont partenaires de cet essai. Une dizaine de sites investigateurs en France y participe déjà : les CHU de Bordeaux (Gironde), Angers (Maine-et-Loire), Nancy (Meurthe-et-Moselle), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Rouen (Seine-Maritime), Nantes (Loire-Atlantique), Montpellier (Hérault), Rennes (Ille-et-Vilaine) et l’Hôpital Bichat de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris. D’autres établissements pourront les rejoindre.

Clémence Nayrac

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