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L'accompagnement psychologique des patients atteints de cancer s'adapte en Paca et Corse

Missionné par les ARS Paca et Corse, le réseau de santé Ilhup s'organise pour orienter les patients atteints de cancer et leurs proches vers un accompagnement psychologique à distance. Un soutien demandé dans le contexte anxiogène de crise sanitaire.En cette période de confinement, l'accompagnement psychologique des patients fragiles reste déterminant pour apporter une réponse à leurs questions et angoisses. C'est notamment le cas des patients atteints de cancer, dont l'existence a été bouleversée par le diagnostic et pour qui la situation de crise sanitaire peut accentuer la détresse psychique. En Provence-Alpes-Côtes d'Azur et en Corse, un dispositif d’accompagnement psychologique extrahospitalier s'organise pour continuer la prise en charge à distance.

8 séances prises en charge financièrement

Depuis 2016, le réseau de santé Intervenants libéraux et hospitaliers unis pour le patient* (Ilhup) met en relation des patients atteints de cancer et leurs proches avec des psychologues formés ou expérimentés à la maladie dans le cadre des soins de support. Par téléphone, en cabinet ou à domicile, une soixantaine de psychologues hospitaliers ou libéraux de la région prennent habituellement en charge les patients demandeurs pour un soutien ponctuel, en quatre séances, afin de leur proposer des relais pour un suivi adapté.

Après le début du confinement, l'équipe du réseau Ilhup s’est organisée pour maintenir l’activité du service. "Une dizaine de psychologues poursuivent leur activité à distance, en visio ou par téléphone, puisqu'il n'y a plus la possibilité de venir à domicile ou en cabinet", explique à Hospimedia Sophie Gaubert, psychologue coordinatrice du réseau chargée d'orienter les patients vers les psychologues. Le nombre de séances est également passée de 4 à 8 et sont intégralement prises en charge par Ilhup, financé par les ARS Paca et Corse. Un doublement nécessaire pour laisser le temps au psychologue de trouver un relais pour le patient car il permet "de prolonger le suivi en attendant que les structures qui vont pouvoir le reprendre rouvrent et se réorganisent". Les centres médico-psychologiques (CMP) notamment sont parfois débordés et présentaient avant la crise de longs délais de prise en charge.

Un nombre d'appels divisés par 2 malgré les besoins

Le réseau Ilhup a recontacté ses partenaires, équipes hospitalières et infirmiers coordinateurs afin de confirmer le maintien du dispositif. Il souhaite éviter tout renoncement aux soins psychologiques des patients atteints de cancer et de leur entourage, alors que la période de confinement peut être particulièrement vécue comme très anxiogène par ces patients qui doivent faire face à l’isolement ou encore à l’adaptation de leurs soins médicaux. "Il y a toutes sortes de demandes d'aide psychologique à tout moment du parcours : l'annonce vécue par tous comme un choc, le moment des traitements ou l'arrivée d'un décès dans la famille, relate Sophie Gaubert. L'expérience du cancer est traumatisante et nécessite un accompagnement psychologique."

La psychologue coordonnatrice a noté une baisse du nombre d'appels d'orientation de 50%. Elle décèle pourtant un mal-être et une anxiété amplifiés par le confinement. "Les patients que j'ai au téléphone en ce moment ont besoin d'aide, même s'ils refusent parfois d'être suivis à distance et préfèrent attendre la fin du confinement." Elle propose alors un temps d'échange et de les recontacter pour créer du lien, malgré la situation complexe.

Perrine Debacker

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