Politique de santé

Le Gouvernement promet 475 millions d'euros supplémentaires pour les Ehpad

Les tensions sur les capacités hospitalières de réanimation sont encore fortes dans quatre régions selon le Gouvernement, qui veut revenir à la jauge de 5 000 lits avec le déconfinement. Dans les Ehpad, les visites restent autorisées dans le cadre actuel. Les professionnels du médico-social pourront bénéficier d'une prime similaire aux hôpitaux.Les dernières annonces du Gouvernement sur le déconfinement s'accompagnent de promesses financières pour le secteur médico-social. Lors d'une conférence de presse le 7 mai, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé que 475 millions d'euros (M€) supplémentaires seront versés aux Ehpad. La modalité et la répartition de ces crédits supplémentaires n'ont pas fait l'objet de précisions supplémentaires de la part du ministre.

Une prime de 1 500 € par professionnel en Ehpad

Il a complété néanmoins cette promesse avec celle de verser "dans les prochaines semaines" une prime pour tous les personnels de tous les Ehpad. Le Gouvernement entend ainsi saluer "leur engagement sans faille". Cette prime, defiscalisée, sera de 1 500 € pour les 33 départements les plus touchés et 1 000 dans les 68 autres. Les professionnels exerçant dans des établissements médico-sociaux, financés par l'Assurance maladie, accueillant des personnes en situation de handicap bénéficieront également de cette prime.

Enfin, pour les Ehpad, le déconfinement n'aura aucun effet immédiat sur les visites des proches aux résidents. "Les visites se poursuivront dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui", a avancé Olivier Véran. Cette règle prévaudra a minima jusqu'au 2 juin, date du second palier du déconfinement. "Les visites seront-elles moins encadrées dans les départements où le virus circule peu ? Je ne peux pas le dire aujourd'hui, il faut être de plus extrême prudence pour les personnes les plus fragiles", a complété le Premier ministre Édouard Philippe.

Les tests opérationnels sur l'ensemble du territoire

D'ici le 11 mai, le Gouvernement assure que les capacités de tests, de 100 000 par jour, seront pleinement opérationnelles sur l'ensemble du territoire. D'après le ministre chargé de la santé, le nombre de tests positifs constituera un indicateur plus fin que celui du passage aux urgences pour suspicion de la maladie Covid-19 pour connaître la circulation du virus. "La France est prête à dépister massivement", a-t-il assumé, reconnaissant que des "écarts entre la théorie et la pratique" puissent survenir pour certains patients.

Outre Mayotte, le virus circule activement dans plusieurs départements des régions Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Hauts-de-France et Île-de-France. Cependant, c'est l'ensemble de ces régions qui vont connaître un déconfinement plus limité à compter du 11 mai. "Les tensions et la saturation des services de réanimation sont le premier indicateur choisi" pour définir les zones, a précisé le Gouvernement. Pour Olivier Véran, cet indicateur ne peut se concevoir qu'au niveau régional, même si certains départements, comme la Nièvre ou les Ardennes, sont moins touchés par l'épidémie.


Une cible de 5 000 lits de réanimation en mai

Enfin, le Gouvernement entend revenir au chiffre initial d'environ 5 000 lits de réanimation sur le territoire — au plus fort de l'épidémie, 10 500 lits ont été ouverts. Cette cible devra être atteinte dès le mois de mai selon ses prévisions. La volonté des pouvoirs publics est de permettre une reprise des activités non-Covid-19, de retrouver un fonctionnement normal dans les hôpitaux et d'offrir "un peu de répit" au personnel. Pour Olivier Véran, les conditions sont réunies pour une reprise de l'activité, notamment de dépistage et de vaccination. Il met également l'accent sur le recours à la télémédecine pour assurer le suivi des malades chroniques. "Nous souhaitons le maintien des soins à distance. La télémédecine est entrée dans le quotidien des Français", a-t-il estimé.

Une partie du stock national de masques détruits

Lors de cette conférence de presse sur le Covid-19, Édouard Philippe a livré certains chiffres sur le stock d'État de masques chirurgicaux au début de l'épidémie. 75 millions étaient arrivés à péremption en décembre 2019 mais, étant toujours utilisables, il aurait été "absurde" de les détruire pour le Premier ministre. Ils ont donc été distribués aux professionnels de santé. En revanche, 360 millions de masques avaient une date de péremption ultérieure. Après analyse, 85 millions sont convertis en masques grand public. "Les autres ne sont plus utilisables, ils ont vocation à être détruits", a complété le chef du Gouvernement.

Jérôme Robillard

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