Pendant des années, les établissements hospitaliers ont pratiqué couramment la logique de report de charges. Depuis l’avènement de l’état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD), il leur est impossible de masquer leurs déficits. Aujourd’hui, de nombreux établissements seraient «dans le rouge». Selon les estimations, il manquerait 1,5 à 2 milliards d’euros dans la cagnotte. Conséquence directe de cette situation tendue : les plans de retour à l’équilibre -autrement appelés plans d’économies ou plans sociaux- fleurissent dans l’Hexagone.
Les principales mesures contenues dans les plans de retour à l’équilibre (externalisation, suppression de postes, remise en cause des 35 heures mais aussi réorganisation interne, restructuration et modernisation du système d’information) provoquent souvent la grogne des personnels, des syndicats représentatifs, des élus voire des usagers qui craignent pour l’offre de soins de proximité. La priorité reste pourtant pour tous le maintien d’une offre de soins au plus proche des besoins de la population. Différentes options s’offrent aux établissements pour gérer la situation. Tour d’horizon en exemples.
Comme de nombreux hôpitaux en France, le Groupe hospitalier du Havre connaît des difficultés financières. Conscient de la situation, l’établissement a demandé le soutien du ministère qui a missionné un conseiller général des établissements de santé. L’audit mené au printemps dernier a révélé certains dysfonctionnements contextuels et structurels. Le diagnostic posé a permis de présenter en toute transparence un traitement adapté. Décryptage de la situation avec le directeur général de l’établissement, Philippe Paris.