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L'AP-HP relève le défi d'ouvrir en accéléré 85 lits de réanimation à Henri-Mondor

Le nouveau bâtiment réanimation-blocs-interventionnel d'Henri-Mondor a accueilli ce 9 avril ses premiers patients Covid-19 en état grave. Une ouverture partielle, anticipée et provisoire à même d'alléger la surcharge réanimatoire que connaît l'AP-HP.C'est finalement dès ce 9 avril que le nouveau bâtiment réanimation-blocs-interventionnel (RBI) de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne) a pu accueillir ses premiers patients graves atteints du Covid-19. Initialement, la réception des murs par l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) était censée n'intervenir qu'en mai puis l'ouverture en septembre. Mais comme annoncé le 26 mars, un don du groupe aéronautique Dassault a permis d'achever la construction de ce nouvel ensemble dans des délais accélérés. Et force est de constater que le CHU francilien, qui parlait à ce moment-là d'une ouverture mi-avril, a même réussi à grignoter quelques jours supplémentaires (lire notre article).


Un vrai "challenge opérationnel"

Présentée par l'AP-HP comme un "challenge opérationnel exceptionnel", cette mise en service partielle (2 niveaux sur 6 sont ouverts), anticipée et provisoire des lits de réanimation et de soins critiques s'effectue selon "une configuration adaptée à la crise du Covid-19, soit 85 lits de réanimation armés", souligne l'établissement dans un communiqué. Elle a nécessité le recrutement de 60 médecins et 240 paramédicaux. À cette occasion, une cellule ressources humaines dédiée a vu le jour pour "accélérer la recherche de candidats et leur sélection".

Plusieurs recrutements s'annonçaient d'ailleurs "critiques", ne cache pas le CHU : médecins anesthésistes et réanimateurs, médecins intensifs de réanimation, infirmiers anesthésistes et personnels médico-techniques (manipulateurs en électroradiologie médicale, masseurs-kinésithérapeutes). En outre, l'ouverture du nouvel ensemble s'effectue grâce à l'appui de plusieurs dizaines de volontaires, pour certains fraîchement arrivés de province*. "Ce sont plus de 150 volontaires qui vont se relayer par roulement jusqu'à fin avril", précise ainsi l'AP-HP : 73 médecins, 64 infirmiers, 4 aides-soignants et 1 préparateur en pharmacie.


En parallèle, un dispositif de "formation accélérée à la réanimation" à destination des infirmiers a été engagé "pour garantir la relève de ces équipes". D'ici le 13 avril, cela va directement concerner plus de 200 infirmiers, étudiants en médecine désireux de faire fonction d'infirmier, médecins et chirurgiens. "Les élèves de dernière année des instituts de formation en soins infirmiers sont également sollicités pour appuyer les équipes soignantes et se former à la réanimation Covid-19", ajoute le CHU.

Des équipes mixtes personnels internes/renforts extérieurs

Au sein du nouveau bâtiment réanimation-blocs-interventionnel d'Henri-Mondor, les équipes soignantes sont réparties entre personnels internes et renforts extérieurs, "afin d'assurer une meilleure connaissance de l'environnement et des circuits". En journée et durant la phase de montée en charge pour chaque unité de 10 à 12 lits, trois médecins sont positionnés, un provenant de l'hôpital et deux en renfort de l'extérieur. "Le fonctionnement est facilité grâce à des modèles d'organisation déjà existants, comme les "brigades décubitus ventral" avec le renfort important des masseurs-kinésithérapeutes, indique l'AP-HP, ou les "brigades brancardage" bénéficiant du soutien important de secouristes."

Un première française sur le scanner

Par ailleurs, l'AP-HP accompagne cette ouverture de l'acquisition "de 93 respirateurs (dont 70 monnal T60) de 85 moniteurs de réanimation et de 35 moniteurs de surveillance". Et devant l'urgence des besoins supplémentaires en imagerie, eu égard au doublement du nombre de lits de réanimation sur Henri-Mondor, plusieurs changements organisationnels ont été opérés là aussi "dans des délais record". À titre d'exemple, trois conteneurs assemblés et aménagés seront livrés et installés dès le 11 avril. "Ce projet réalisé en moins de trois semaines permettra d'accueillir provisoirement un scanner dédié aux patients Covid-19 accueillis en réanimation", indique le CHU.

En outre, l'aménagement a été conçu pour tenir compte des contraintes de l'imagerie, avec entre autres des parois en plomb. Autre impératif : disposer d'espaces suffisants pour déplacer des patients intubés/ventilés et reliés à du matériel type respirateurs. Le scanner est quant à lui attendu sur place le 13 avril pour une mise en service sept jours plus tard. "C'est la première fois en France qu'un scanner est installé dans ce type de structure modulaire pour répondre à l'urgence réanimatoire des cas sévères", note l'AP-HP.

Enfin, le nouveau bâtiment bénéficie d'un "projet médical spécifique" au Covid-19 avec une vocation régionale voire nationale ou européenne. Ainsi, plusieurs types de patients infectés y seront admissibles : les nouveaux malades orientés par la cellule de crise centrale du CHU ; ceux amenés par redistribution car aujourd'hui traités "hors les murs" dans d'autres sites de l'AP-HP ou des établissements franciliens publics ou privés ; les cas polypathologiques nécessitant un sevrage ventilatoire ; et les patients transférés en guise de soutien médical à d'autres régions ou pays, dont la capacité en lits de réanimation serait dépassée. En revanche, aucun soin de suite ne sera proposé.

Thomas Quéguiner

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