Aide à domicile

Le secteur demande le maintien des dotations départementales pour tous les services

Les fédérations de l'aide à domicile ont fait part de leurs inquiétudes à la DGCS, sur le plan économique notamment, à l'occasion du point hebdomadaire organisé par l'administration.

Les fédérations de l'aide à domicile alertent de nouveau sur le manque de protection et les difficultés économiques qui se profilent. Elles demandent une continuité des dotations départementales pour tous les Saad, qu'ils soient tarifés ou non. Une discussion est ouverte avec les départements sur cette problématique.Lors du point hebdomadaire avec la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), le 30 mars, les fédérations du secteur de l'aide à domicile ont de nouveau alerté sur le manque de moyens de protection pour les salariés. Pourtant, une "urgence absolue", déclare à Hospimedia Thierry d'Aboville, secrétaire général de l'ADMR. La question du maintien des dotations départementales a également été posée, alors que de nombreux services d'aide et d'accompagnement à domicile (Saad) sont déjà en difficultés financières.

La DGCS travaille avec les départements sur ce sujet, rapporte l'Uniopss dans son compte rendu de réunion. Déjà, l'ordonnance relative aux adaptations des règles d'organisation et de fonctionnement des établissements sociaux et médico-sociaux permet le maintien des dotations départementales pour les Saad autorisés et tarifés. Mais les services non tarifés ne disposent, eux, d'aucune assurance. La Fesp demande sur ce point une égalité de traitement, indique Antoine Grézaud, son directeur général, reconnaissant toutefois des réalités différentes sur chaque territoire. La fédération a sollicité les départements pour faire un point sur cette problématique. Des directives sont en cours d'élaboration "mais tardent à venir, reprend Thierry d'Aboville. Là aussi c'est un appel urgent." En cette fin de mois, les services doivent procéder à la facturation et à la rémunération de leurs salariés. "Il en va de la survie des services", lance-t-il.

Kits de protection pour les sorties d'hospitalisation

Masques, lunettes, surblouse, gants... les Saad manquent largement de moyens de protection, alors qu'ils sont de plus en plus amenés à intervenir en sortie d'hospitalisation auprès de patients touchés par le Covid-19. Une situation qui peut entraîner des droits de retrait. "Nous devons absolument sécuriser nos salariés", reprend Thierry d'Aboville. Pour les masques en revanche, un nouveau circuit d'approvisionnement a été mis en place. Ils sont désormais distribués par les groupements hospitaliers de territoire (GHT) mais le canal d'approvisionnement peut aussi être adapté aux spécificités de terrain, en s'appuyant sur les conseils départementaux (lire notre article). Mais pour Antoine Grézaud, ce système présente des défaillances, notamment pour les aides à domicile en emploi direct ou qui interviennent en mode mandataire, et qui ne peuvent s'appuyer sur une structure pour récupérer les masques. La Fesp va solliciter le ministère de Solidarités et de la Santé, ajoute le directeur général, pour que les personnes âgées à domicile soient protégées, au même titre que celles qui sont en établissement. Elle souhaite que des tests de dépistage soient mis à disposition de l'ensemble des professionnels qui interviennent auprès des personnes fragiles.

Sur la problématique des kits d'intervention en sortie d'hospitalisation, la DGCS pointe des difficultés d'approvisionnement sur l'ensemble du territoire, note l'Uniopss. L'administration centrale doit remonter cette problématique à la cellule de crise nationale et relayer une proposition des fédérations, pour que ces kits d'intervention soient fournis par les hôpitaux eux-mêmes.

Enfin, les services sont toujours en attente de recommandations pour prioriser les interventions. Si les Saad ont déjà recentré leur activité sur les actes essentiels de la vie quotidienne, souligne Thierry d'Aboville, ils ont besoin d'un cadre clair. En effet, certaines directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) enjoignent aux services d'aller au-delà. "Nous recevons des injonctions contradictoires", poursuit le secrétaire général. Une fiche destinée aux services d'aide à domicile devrait être diffusée très prochainement pour leur fournir une aide à la décision.

Cécile Rabeux

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