Collectivités

La répartition de masques au profit du Grand-Est fait débat

Imbroglio sur le tarmac de l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Une livraison de masques a été immédiatement dirigé au profit du Grand-Est, alors que plusieurs autres collectivités territoriales attendaient leur commande.L'État comme les collectivités multiplient les commandes de masque, une ressource très prisée dans le contexte épidémique. Le 5 avril, une cargaison atterrie à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Elle regroupe des commandes de l'ARS Grand-Est, des régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté ainsi que du département des Bouches-du-Rhône. Les 3,4 millions de masques sont néanmoins tous envoyés en Grand-Est, au profit du personnel de santé, sur décision de la préfecture régionale.

Cet imbroglio sur la répartition de ces masques suscite une controverse alimentée par les élus locaux. Le sénateur Jérôme Durain (SOCR, Saône-et-Loire) souligne, lors de la séance de questions au Gouvernement du 8 avril, la "frustration des élus locaux" qui ressentent cette "réquisition" comme un "mépris pour leur propre population". Dans un communiqué, Martine Vassal, la présidente LR du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, se dit "scandalisée" de ne pas recevoir les masques commandés pour les personnels des établissements médico-sociaux et les sapeurs-pompiers du département. "Au-delà du manque d'élégance et de l’absence flagrante de concertation et d’information de la préfète de la région Grand-Est, c’est un manque de responsabilité absolu de la part du Gouvernement", juge-t-elle. Dans un communiqué commun, les régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté rappellent que l'État fixe l'ordre de priorité et unissent leurs forces avec une commande commune de quatre millions de masques.

Auditionné par la mission d'information sur la gestion de l'épidémie de Covid-19 de l'Assemblée nationale le 9 avril, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, reconnaît que "la méthode a été mauvaise". Il rappelle que la livraison ne contenait que 3,4 millions de masques, soit moins que le volume cumulé commandé par l'ensemble des acteurs concernés et que la préfecture du Grand-Est a usé de son droit de tirage prioritaire. À l'issue du Conseil des ministres du 8 avril, la porte-parole du Gouvernement Sibeth Ndiaye a déjà déclaré qu'il est "normal que l'État soit servi en priorité".

Jérôme Robillard

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