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Les étudiants de toutes les filières de santé sont prêts à monter au front


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Qu'ils soient futurs médecins, infirmiers ou autres professionnels de santé, les étudiants se mobilisent face au Covid-19. Plusieurs syndicats et associations lancent un appel à la mobilisation et à la vigilance dans les pratiques.
Information mise à jour : Les futurs pharmaciens se mobilisent également pour soutenir les professionnels. Ce 18 mars, l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf) a lancé, en partenariat avec le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens (Cnop) le site Pharm'Help. Il a pour but de mettre en relation les pharmacies dans le besoin et les étudiants en pharmacie volontaires pour les aider. Le site sera actif pendant toute l'épidémie de Covid-19 en France.  


"Nous appelons à une solidarité nationale et nous souhaitons que chaque étudiant en soins infirmiers mette ses compétences au profit de la population." C'est le message porté dès ce 15 mars par le président de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi). Dans une courte vidéo partagée sur les réseaux sociaux, Félix Ledoux appelle les futurs soignants à venir soutenir les professionnels de santé dans le cadre de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. Au-delà des étudiants en soins infirmiers, c'est toute la communauté des étudiants en santé qui se mobilise pour faire front contre l'épidémie.

Épauler les professionnels en poste

Si les instituts de formation des professionnels de santé sont fermés comme tous les établissements de l'enseignement supérieur, à la suite des annonces présidentielles du 13 mars (lire notre article), cela ne signifie pas que les 94 000 étudiants en soins infirmiers cesseront leur activité. "Les étudiants qui sont en stage restent en stage et se mobilisent aux côtés des soignants. Les étudiants en début de cursus, qui ne peuvent pas encore faire office d'aides-soignants, peuvent être aussi mobilisés en gardant les enfants de soignants par exemple", confie à Hospimedia Vincent Opitz, vice-président de la fédération. Attention toutefois : "Nous serons vigilants, un étudiant reste un étudiant, les troisièmes années ne sont pas infirmiers diplômés d'État", poursuit Vincent Opitz.

Contactée par Hospimedia, la présidente de l'Association nationale des directeurs d'écoles paramédicales (Andep), Florence Girard indique d'ailleurs qu'une grande majorité des stagiaires restent en poste pendant cette crise. "Seuls les hôpitaux de première ligne ont renvoyé les étudiants, conscients qu'ils ne pourraient pas les encadrer correctement dans ces circonstances", témoigne-t-elle. Également contactée par Hospimedia, la présidente du Comité d'entente des formations infirmières et cadres (Cefiec), Martine Sommelette, salue l'implication de ces jeunes et indique que l'ensemble des rappels est fait aux étudiants concernant les règles de prise en charge, "même si elles sont souvent acquises". "C'est aussi pour eux, même si les circonstances sont graves, une possibilité de se former en situation de plan blanc", explique-t-elle.

"Relever le défi des prises en charge"

La mobilisation est aussi en cours dans les rangs des futurs médecins. Dès le 13 mars, dans un communiqué commun*, les conférences des doyens des formations médicales et les principales organisations d’étudiants et de jeunes professionnels de santé annonçaient la mise en place de plusieurs mesures pour "relever les défis de la prise en charge des populations". Les choix de spécialités ont d'ailleurs été reportés en ce sens.

Le 13 mars toujours, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) a encouragé "une mobilisation volontaire des actuels médecins remplaçants et médecins ayant cessé leur activité de soin en privilégiant pour leur affectation, dans un objectif d'efficacité, les fonctions et lieux d'exercices antérieurs". Il a en outre souligné qu'il reste "vigilant sur l'adaptation des postes des étudiants, externes et internes, de médecine à cette mobilisation".

Un appel aux internes

Ce 16 mars, l'Intersyndicale nationale des internes (Isni) a également lancé un appel : "Tous les internes actuellement en disponibilité, en année de recherche, en vacances doivent contacter leur cellule de crise locale — syndicat d'interne, ARS, CHU — pour prendre part à la prise en charge des patients", indique l'Isni.


L'intersyndicale annonce par ailleurs que "tous les internes actuellement affectés dans des services dont l'activité peut être réduite doivent demander à être listés, leurs compétences établies pour constituer un pool de soutien". Ces internes participeront aux lignes de gardes et astreintes supplémentaires.

Des discussions sont en cours pour organiser la réaffectation dans des services en tension, la régulation, et pour les volontaires, la possibilité de changer d'établissement en renfort. Mais là aussi, l'appel est à la vigilance, quant au risque d'épuisement cette fois. "Les personnels hospitaliers et surtout les supérieurs hiérarchiques médicaux et administratifs doivent être particulièrement vigilants aux risques d'épuisement professionnel des internes et mener des politiques actives de prévention dans les services en ciblant prioritairement les services hospitaliers", indique enfin l'Isni.

Clémence Nayrac

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