Politique de santé

Les grandes puissances mondiales se mettent en ordre de bataille face à la pandémie

Réuni en sommet extraordinaire, le G20 s'est engagé à mettre en œuvre toutes les mesures sanitaires nécessaires pour contenir la pandémie du Covid-19. L'Onu et l'UE mettent eux aussi en place des plans d'urgence pour faire face à la crise."Le monde est devant un ennemi commun. Nous sommes en guerre contre le virus". Dans une vidéo publiée le 20 mars, le secrétaire général des Nations unies António Guterres fait appel à la solidarité des pays pour faire face à la crise sanitaire planétaire. Quelques jours plus tard, le 25 mars, l'Organisation des Nations unies (Onu) lance son plan de réponse humanitaire mondial afin de lutter contre le Covid-19. "Les réponses individuelles des pays ne suffiront pas, a affirmé le secrétaire général lors du lancement de ce plan en vidéo. Nous devons venir en aide aux personnes ultra-vulnérables, des millions et des millions de personnes qui sont les moins capables de se protéger. Il s’agit d’une question de solidarité humaine fondamentale." D'après les chiffres du 26 mars de Santé publique France, le virus Sars-Cov-2 a contaminé 467 710 personnes et entraîné 20 947 décès dans le monde.

Un appel de fonds de 2 milliards de dollars

Détaillé dans un livret de 80 pages, le plan de réponse humanitaire mondial de l'Onu vise à combattre le virus "dans les pays les plus pauvres au monde et répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les malades chroniques". Ce plan permettra notamment d'acquérir du matériel médical pour dépister, protéger les personnels soignants et soigner les patients infectés. Il s'agit également de créer des points d'eau et des installations sanitaires dans les pays qui en ont besoin et d'y envoyer des soignants.

Pour le financer, l'Onu a lancé un appel de fonds de deux milliards de dollars. Destiné à couvrir la période entre avril et décembre 2020, il devrait bénéficier à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à hauteur de 405 millions de dollars. Ces fonds doivent s'ajouter à ceux déjà attribués aux autres plans humanitaires de l'Onu afin de ne pas reléguer au second plan les autres urgences sanitaires comme le choléra, la rougeole ou la malnutrition. L'Onu entend évaluer précisément les besoins de chaque pays et a déjà identifié les pays prioritaires, comme l'Afghanistan, la Libye, l'Ukraine ou la Syrie.

Préparation mondiale aux épidémies

Au Sommet du G20 consacré à la pandémie de Covid-19, l'Onu a réclamé "un mécanisme de réponse coordonné du G20 guidé par l’OMS". Sa demande a été entendue : à l'issue du sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement du G20, ceux-ci se sont engagés "à prendre toutes les mesures sanitaires nécessaires et à faire en sorte de fournir les financements adaptés pour contenir la pandémie et protéger la population". Ils ont également garanti des ressources immédiates au Fonds de riposte au Covid-19 de l’OMS, à la Coalition pour la prévention et l’innovation contre les épidémies (Cepi) et à l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (Gavi).

Les vingt premières puissances économiques ont promis d'injecter 4 800 milliards de dollars dans l'économie et de faire "front commun" face au nouveau coronavirus. Les chefs d'État ont également demandé à l'OMS d’évaluer les lacunes en matière de préparation aux pandémies, en vue d'une prochaine réunion de leurs ministres de la santé au mois d'avril pour mettre en place "une initiative mondiale sur la préparation et la réaction aux épidémies". L'Union européenne s'est félicitée de cette demande et se dit prête, elle aussi, à organiser une collecte de fonds internationale en ligne afin de garantir un financement approprié pour la mise au point et le déploiement d'un vaccin contre le Covid-19.

L'Europe se prépare aux "vagues" de malades

En Europe, la situation est tendue avec 232 470 cas et près de 14 000 décès recensés. Hope, la fédération européenne des hôpitaux, constate dans un communiqué que les pays européens sont à différents stades de la pandémie : certains voient leurs hôpitaux en situation d'urgence tandis que d'autres reçoivent encore un nombre limité de patients. "Mais la situation évolue rapidement, par vagues", prévient la fédération.

Des équipements commandés en Europe

L'Union européenne (UE) a adopté ces derniers jours plusieurs mesures pour faire face à l'épidémie de coronavirus. Elle s'était déjà mobilisée face au risque de pénurie de médicaments et pour garantir l'approvisionnement en matériel médical (lire nos articles ici et ). Ce 27 mars, la Commission européenne a proposé de réorganiser une partie des dépenses de l'UE de l'année, en attribuant 3,6 millions d'euros au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, et en portant le budget total de la première réserve européenne de matériel médical à 80 millions d'euros.

La Commission a également lancé avec succès une procédure de passation conjointe de marchés pour garantir la fourniture d'équipements de protection individuelle. "Les producteurs ont soumis des offres couvrant et, dans certains cas, dépassant même les quantités demandées par les États membres qui participent à cette passation", s'est félicité Bruxelles dans un communiqué le 24 mars. Les équipements devraient être disponibles deux semaines après la signature par les 25 États membres des contrats avec les soumissionnaires. Enfin la commission a adopté des normes harmonisées relatives aux dispositifs médicaux, qui permettront aux fabricants de mettre sur le marché plus rapidement et pour moins cher des masques, champs chirurgicaux, tenues de bloc ou laveurs-désinfecteurs. Une mesure pour répondre en urgence aux besoin des soignants.

Perrine Debacker

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