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Les spécialités infirmières s'inquiètent pour leurs étudiants dans le contexte de crise

Des représentants des infirmiers de bloc opératoire et des puériculteurs s'inquiètent de l'impact de la crise sanitaire sur la formation et la diplomation de leurs étudiants. Ils alertent sur différentes inégalités constatées.
Information mise à jour : Les représentants des infirmiers anesthésistes diplômés d'État (Iade) indiquent ce 10 avril qu'ils ont aussi alerté précocement les tutelles de la situation de leurs étudiants. Devant les difficultés pour les étudiants de concilier vie professionnelle et formation en cette période de crise sanitaire, le Comité d'entente des écoles Iade (Ceeiade), le Conseil national professionnel des infirmier(e)s-anesthésistes (CNPIA) et le Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia) ont interpellé par courrier la Direction générale de l'offre de soins (DGOS) dès le 19 mars. Ils demandaient alors des précisions sur les mesures en cours ainsi qu'une interruption temporaire exceptionnelle de formation pour l'ensemble des futurs Iades sans impact sur la date de diplomation. "N'ayant pas eu de retour nous avons envoyé un état des lieux avec les différentes situations pour entamer une réflexion nationale. Le constat à ce jour est une disparité d'informations [...]. Nous avons donc une inquiétude pour l'assurance de la continuité scolaire mais aussi les épreuves de sélection [...] et in fine la qualité de la profession", confie à Hospimedia le vice-président du Ceeiade, Nico Decock.

Parmi les étudiants en santé impactés par la crise sanitaire figurent aussi les spécialités infirmières, y compris dans leurs conditions de formation. Deux d'entre elles ont fait part de leurs inquiétudes quant au devenir de leurs étudiants dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19. Cela concerne le calendrier mais aussi la situation sur les terrains de stage.

Des discriminations dans les diplomations

Les représentants des infirmiers de bloc opératoire diplômés d'État (Ibode) ont été les premiers a donné l'alerte quant à la diplomation de leurs étudiants. Le Syndicat national des infirmiers de bloc opératoire (Snibo), l'Association libre des étudiants infirmiers de bloc opératoire (Aleibo), l'Union nationale des associations des infirmiers de bloc opératoire diplômés d'État (Unaibode) et l'Association des enseignants des écoles d'infirmiers de bloc opératoire (AEEIBO) ont transmis fin mars un courrier au ministre des Solidarités et de la Santé et à la DGOS s'inquiétant du respect du principe d’égalité de traitements des candidats, à la suite de l'ordonnance du 27 mars relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de Covid-19.

Certains jurys professionnels de santé, attitrés pour le passage des épreuves pratiques et orales d'obtention du diplôme Ibode, étaient réquisitionnés sur le front du Covid-19 et n'ont pas pu par conséquent honorer leur mission. Les jury finaux n'ont ainsi pas pu se tenir aux dates réglementaires prévues. Par conséquent, les candidats présentables au diplôme d'Ibode au mois de mars subissent un traitement inégalitaire, dénonce la profession, évoquant les cas des écoles de Tours (Indre-et-Loire), Orléans (Loiret) et Nice (Alpes-maritimes), dont les étudiants ont, entre autres, été sanctionnés par le diplôme à la date prévue alors que les candidats des autres écoles ont vu leur diplomation suspendue pendant la durée de la crise. "Une discrimination", résume la profession.

Les écoles d’Ibode n’ayant pu finaliser les épreuves du diplôme d’État se sont d'ores et déjà engagées à ce que ces épreuves puissent se dérouler dans leur totalité à la fin de la crise sanitaire et ce "dans les meilleures conditions possibles pour les candidats". Par souci d’égalité, la profession Ibode demande un effet rétroactif dans la délivrance du diplôme, pour les étudiants qui passeront avec succès leurs épreuves à la sortie de la crise sanitaire, sur la date de leur diplomation et sur leur traitement salarial, permettant ainsi de pallier cette situation inégalitaire.

Des inégalités dans l'indemnisation

C'est aussi sur le terrain que les étudiants des spécialités infirmières alertent. Ce 8 avril, l'Association nationale des puéricultrices(teurs) diplômé(e)s et des étudiants (ANPDE) a dénoncé, par la voix de sa commission étudiante, la "gestion hétérogène des stages" selon les instituts et leur prise en charge.

L'association alerte ainsi sur les conditions des étudiants puériculteurs et sur la multiplication des initiatives hors du cadre fixé de l'indemnisation des professionnels mobilisés (lire notre article). "Si les étudiants puériculteurs apportent leur soutien légitime in situ à la gestion de la crise sanitaire. [...] Ils appellent chacun au respect des décrets et instructions relatifs aux étudiants en santé dans la gestion de la crise", écrit l'ANPDE.

L'association rappelle que les étudiants puériculteurs sont "avant tout des infirmiers diplômés d'État (IDE) ou sages-femmes, qui poursuivent une formation spécifique destinée à les spécialiser à la santé de l'enfant de 0 à 18 ans". Ils sont ainsi des professionnels de santé et sont naturellement appelés en renfort et en soutien des personnels soignants. Cependant, des mesures sont prises par les instituts de formation de manière disparate. La commission étudiante de l'ANPDE demande qu'un statut particulier des infirmiers diplômés étudiants soit inscrit dans les textes actuels, afin de clarifier les situations de soins parfois dangereuses pour les soignants non formés.

Clémence Nayrac

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