Gestion des risques

Le CHU de Lille et le CH de Creil assurent une activité "normale" en dépit du coronavirus

À Lille et Creil, le CHU et le CH restent prêts à accueillir les patients et à assurer leur mission quotidienne. La gestion du coronavirus est en effet organisée de façon à ne pas perturber l'activité. Une gestion qui se calibre au niveau régional.Que ce soit sur Creil (Oise) ou Lille (Nord), le CH et le CHU ont réaffirmé ces 2 et 3 mars leur rôle sur le territoire, notamment pour prendre en charge l'ensemble des patients qu'ils soient ou non atteints du coronavirus. Dans un communiqué, le groupe hospitalier public du sud de l'Oise indique que les activités programmées, les services d'hospitalisation ainsi que les lignes d'urgence "sont ouverts et prêts à accueillir les patients, avec des consignes d'hygiène et de sécurité conformes à celles arrêtées par les autorités sanitaires". Le plan blanc reste toujours actif.

Fermé depuis le 27 février (lire notre article), le service de réanimation du CH de Creil va rouvrir "progressivement" à partir de ce 4 mars et sur les jours à venir. Pour ce qui est des professionnels actuellement en confinement, ils sont suivis régulièrement par l'ARS Hauts-de-France. Cette dernière confirme à Hospimedia que "conformément aux instructions nationales, ceux parmi ces personnels qui ne présentent pas de symptômes vont pouvoir réintégrer l'hôpital afin de renforcer les équipes soignantes, en respectant les recommandations d'hygiène (port d'un masque et de gants…)." L'établissement insiste sur le fait qu'à ce jour "aucun accès hospitalier n'est bloqué et il n'y a aucune contre-indication à assurer des livraisons ou des interventions techniques". Et de remercier les professionnels pour leur investissement face à cette situation de crise et à leur capacité à se mobiliser.

Du côté du CHU de Lille, établissement de référence pour la zone de défense Nord et des Hauts-de-France, la mobilisation reste entière. Lors d'une conférence de presse organisée ce 3
 mars, son directeur général, Frédéric Boiron, a rappelé qu'actuellement il n'y a pas de patient porteur du coronavirus dans le Nord-Pas-de-Calais. La dizaine de patients pris en charge proviennent de l'Oise. Et des mesures spécifiques ont été mises en place pour prendre les patients porteurs du Covid-19. Ainsi, dix à quatorze lits du service des maladies infectieuses leur ont été réservés et le service de réanimation s'est aussi adapté à la situation en sanctuarisant une unité de dix lits. Des mesures qui ne viennent en aucun cas perturber l'activité habituelle du CHU, qui se maintient, mais se met bien en place en parallèle. L'objectif étant de préserver la capacité pour répondre aux autres prises en charge, a souligné le Pr François-René Pruvost, président de la commission médicale d'établissement.

Pour faire face à l'afflux de patients, un centre ambulatoire de maladies infectieuses
 (Cami) a été mis en place. Il accueille uniquement sur rendez-vous et après régulation obligatoire du Centre 15, les patients susceptibles d'être porteurs du coronavirus. D'autres centres de ce type devraient voir le jour dans d'autres établissements, a indiqué Frédéric Boiron. Le Samu-Centre 15 Nord fait face lui aussi à un afflux d'appels, 3 000 dossiers de régulation ont été ouverts par exemple en 24 heures le 2 mars, soit 2,5 fois de plus qu'habituellement, a détaillé le Dr Patrick Goldstein, chef du pôle urgences. Une cellule dédiée au coronavirus s'est donc installée, épaulée par une centaine d'étudiants en médecine et internes qui se sont portés volontaires et se forment en 24 heures. Entre six et huit sont présents 24h/24 pour prendre les appels. Deux médecins régulateurs supplémentaires sont venus aussi en renfort. Patrick Goldstein a salué également la mobilisation des médecins généralistes qui, spontanément, se sont manifestés pour épauler la régulation, un à deux sont en permanence sont mobilisés.

Le Samu-Centre
 15 de Lille, ainsi que celui d'Amiens (Somme) est aussi venu en soutien du Samu de Beauvais (Oise) qui est actuellement en grande difficulté, a indiqué Patrick Goldstein. Un médecin régulateur y a été envoyé. Des personnels ont aussi volontairement proposé au CHU de Lille de revenir, a noté Frédéric Boiron qui en a profité pour remercier la mobilisation de tous les agents de l'établissement, ne cachant pas avoir connu la semaine dernière, en période de vacances scolaires, une semaine de tension. "Les compléments de recrutement sont là", a-t-il précisé. Des médecins tout juste à la retraite se sont aussi proposés pour réintégrer les effectifs pour aider durant cette période, a ajouté François-René Pruvost, qui a lui aussi salué "l'implication exemplaire de la communauté soignante".

Géraldine Tribault

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