Gestion des risques

Le CHU de Nancy gère une équipe mobile de dépistage du Covid-19 dans les Ehpad

Si les lits de réanimation sont la priorité, le CHU de Nancy poursuit son ancrage territorial dans la gestion de l'épidémie. Cette nouvelle organisation remet par ailleurs en question les orientations du Copermo.Comme l'ensemble des établissements touchés par la crise épidémique de la maladie Covid-19, le CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle) est pleinement mobilisé sur la question des capacités de réanimation. Il pilote ainsi la répartition des malades dans les hôpitaux publics et les cliniques privées du sud de son département et des Vosges. "Le CHU n'est pas à saturation mais la demande augmente tout le temps", souligne Christian Rabaud, le président de la commission médicale d'établissement, lors d'une conférence de presse le 26 mars. L'objectif principal est de préserver au maximum les personnels et de répartir la charge entre les établissements pour maintenir la mobilisation dans la durée.

"Le sujet qui nous préoccupe aussi, c'est celui des Ehpad", rapporte Bernard Dupont, le directeur général. L'Ehpad vosgien de Cornimont enregistre par exemple 20 décès liés au Covid-19 (lire notre article). Le CHU lorrain a mis en place une équipe mobile de prélèvements pour dépister des cas dans ces établissements médico-sociaux. "Il est important de les accompagner et de ne pas les laisser seuls face aux difficultés", poursuit Bernard Dupont. En cinq jours, 70 prélèvements ont été réalisés, avec des résultats obtenus dans la demi-journée. La stratégie de dépistage mise en œuvre est la même que pour la grippe avec des prélèvements sur un ou deux résidents.

Enfin, la gestion de l'épidémie contrevient aux directives de restriction des investissements et de fermetures de lits imposées par le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo). "Le Copermo nous incitait à fermer des lits, les mêmes personnes nous somment d'en rouvrir", note le directeur général. Sur l'investissement, afin d'obtenir des appareils de réanimation "à l'autre bout du monde, le CHU dépense beaucoup en dehors de toutes les règles que nous connaissons". S'il est trop tôt pour tirer les leçons de cette crise épidémique, le direction estime qu'il conviendra de "tirer les enseignements" de ces évolutions.

Jérôme Robillard

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