Gestion des risques

Samu, Smur et urgences disposent de leurs propres recommandations face au Covid-19

54 préconisations. La Société française de médecine d'urgence (SFMU) et la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) livrent leurs conseils pour prendre en charge le coronavirus au Samu, en Smur et aux urgences.Le 26 mars, la Société française de médecine d'urgence (SFMU) et la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) ont publié une recommandation exclusivement consacrée à la prise en charge des patients atteints du Covid-19 ou suspects au sein des services d'urgences (à télécharger ci-dessous). De type fiche mémo, elle comporte 54 préconisations réparties en quatre volets selon que cela s'opère en Samu-Centre 15, en Smur, en ambulatoire s'agissant des cas non graves ou directement aux urgences avec une hospitalisation en médecine à la clé (lire ici et nos articles).

Réserver des véhicules et matériels

Concernant les Samu, les deux sociétés savantes insistent par exemple pour "m
ettre en adéquation le nombre d'appels entrants et le nombre d'assistants de régulation médicale (Arm) disponibles" ou encore "former le personnel paramédical et les étudiants en médecine à l'usage spécifique de la téléphonie et de l'outil informatique". Il convient aussi de : maintenir en poste les effectifs supplémentaires pour anticiper un rappel des patients vers le huitième jour ; rechercher la notion de directives anticipées ; vérifier la conformité de la désinfection des cellules ambulancières ; accroître le nombre de lignes entrantes (ou "autocom") par acquisition ou redéploiement de ressources internes.

En Smur, la SFMU et la Spilf incitent à "réserver un (des) véhicule(s) et un (des) lot(s) matériel(s) dédié(s)" à la prise en charge du coronavirus mais aussi à développer la coopération avec les transporteurs sanitaires privés après les avoir formés aux techniques de protection contre les risques épidémiques et biologiques. Les procédures de nettoyage des véhicules doivent également être formalisées.

Limiter l'épuisement à moyen terme

S'agissant des patients non graves, outre le fait de les confiner chez eux, les conseils à donner sont notamment de leur expliquer "
comment surveiller l'apparition de signes respiratoires et sa température corporelle deux fois par jour", puis les signes d'une éventuelle aggravation secondaire une semaine après les premiers symptômes. Par ailleurs, tout patient âgé de plus de 70 ans ou présentant des comorbidités importantes (antécédent cardiovasculaire, diabète, insuffisance respiratoire, immunodépression, obésité) doit être considéré à risque, soulignent les deux sociétés savantes. À noter qu'est à "contre-indiquer le traitement symptomatique par anti-inflammatoires non stéroïdiens ou corticothérapie (les patients sous corticothérapie au long cours doivent la continuer)".

Aux urgences enfin, les responsables se doivent de "planifier les besoins pour limiter l'épuisement professionnel sur le moyen terme". Instaurer une zone de triage, séparer les secteurs de basse et haute densité virale et signaliser ces derniers, former aux règles d'habillage et déshabillage... La SFMU et la Spilf recommandent aussi d'"individualiser et isoler le secteur de traumatologie de la structure des urgences et faire prendre en charge ce secteur par des chirurgiens". Enfin, il convient d'individualiser une zone d'hospitalisation conventionnelle à haute densité virale en l'absence de soins critiques, ainsi que de "favoriser les transferts rapides vers une zone tampon dotée de chambre individuelle avant hospitalisation, afin de maintenir les capacités d'accueil".

Thomas Quéguiner

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