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L'hôpital de Mulhouse prépare son plan de sortie de crise malgré une situation "tendue"

Tant sur l'activité que sur la gestion des ressources humaines, le GH de Mulhouse fait face à des tensions et prépare à la fois le retour des patients transférés et la sortie de crise. L'armée réduit la voilure de son hôpital de campagne.Après plus d'un mois de réponse intense au foyer épidémique du Covid-19, le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace (Haut-Rhin) fait encore face à une situation "tendue". Au 16 avril, il compte encore 479 lits dédiés au Covid-19 dont 76 lits de réanimation, auxquels s'ajoutent trente lits de réanimation de l'hôpital de campagne du Service de santé des armées. Depuis le 13 avril, 11 lits constituent par ailleurs une unité de soins post-réanimation respiratoire. "Cette unité accueille des patients Covid-19, sortant de réanimation, soignés pour un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Ces patients, trachéotomisés, restent ventilés et pris en charge dans le cadre d'un sevrage respiratoire. Ils ne sont plus sédatés mais nécessitent une surveillance médicale spécialisée", détaille le groupe hospitalier dans un communiqué. Cette unité s'ajoute aux filières de SSR qui se mettent en place.

Dans le même temps, l'établissement poursuit le plan de retour des 163 patients transférés en raison de la saturation des lits de réanimation. Vingt et un décès sont déplorés tandis que dix retours à domicile sont enregistrés et vingt-quatre patients sont désormais hospitalisés dans des services de l'hôpital. "L'état de santé de certains patients permet de programmer leur retour à Mulhouse où ils poursuivront leur prise en charge", indique-t-il. Le groupe fait également face à une remontée de l'activité des soins non-Covid malgré un retour à la normale du nombre d'appels au Samu pour la première fois en sept semaines. Les circuits des urgences sont ainsi réajustés pour répondre à ce rééquilibrage des besoins tout en maintenant des flux séparés sur le site de l'hôpital Émile-Muller.

Une sortie de crise complexe

Le groupe hospitalier entend ainsi poursuivre la préparation de son plan de sortie de crise. "La tâche se révèle complexe du fait d'une tension toujours sensible sur les lits de réanimation, d'un nombre encore conséquent de lits dédiés à la prise en charge des patients Covid et d'un manque croissant de ressources soignantes", résume-t-il. Ce dernier a assuré les prises en charge urgentes et la cancérologie mais a reporté des soins non urgents qui sont de plus en plus pressants afin d'éviter une perte de chance. L'établissement s'organise pour assurer la réponse à ces besoins tout en respectant les règles du confinement. Cette préparation passe notamment par des téléconsultations plus nombreuses.

Les chiffres clés de l'activité

Le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace précise, dans son communiqué, les chiffres de son activité depuis le 1er mars face à l'épidémie :
  • 1 809 patients Covid-19 pris en charge ;
  • 465 décès tous secteurs et tous sites confondus ;
  • 710 patients retournés à domicile après hospitalisation.
En réanimation, 267 patients ont été admis depuis le 1er mars. 112 ont été transférés dans un autre service de réanimation en France et à l'étranger, 56 ont été admis dans un service de médecine et 35 sont décédés.

Hausse des arrêts maladie

Pour réussir sa sortie de crise, l'hôpital doit également faire face à un besoin de renforts humains "urgent et important" en raison notamment du nombre d'arrêts maladie, en hausse de 41,44% en 2020 par rapport au 1er trimestre 2020, de la part des professionnels. En moyenne, les arrêts sont d'une durée de 16,44 jours, précise le groupe alsacien. "Sans renfort supplémentaire, le groupe hospitalier devra revoir et modifier ses capacités d’accueil", poursuit-il. L'unité de soins post-rééducation respiratoire fonctionne uniquement avec quinze professionnels venus de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Au sein du groupe, les métiers d'infirmier et d'aide-soignant sont particulièrement en tension.

Sur les 675 membres du personnel dépistés, 115 ont été testés positifs au Covid-19. Vingt-quatre agents ont ainsi dû être hospitalisés et sept sont désormais retournés à domicile. Le groupe hospitalier n'a néanmoins pas procédé à un dépistage systématique de ses professionnels hospitaliers ou en Ehpad, ni des résidents. Il attend des recommandations nationales pour faire évoluer sa doctrine pour les tests de dépistage PCR (pour réaction de polymérisation en chaîne) comme les tests sérologiques. Il insiste en ce sens sur les mesures barrières, quel que soit le résultat des tests.

L'hôpital de campagne diminue d'un tiers sa capacité

L'élément militaire de réanimation (EMR) du Service de santé des armées est en partie démonté sur le parking de l'hôpital Émile-Müller de Mulhouse. Cet hôpital de campagne avait été installé à la demande d'Emmanuel Macron, le président de la République. Lors de son audition du 17 avril par la commission de la défense de l'Assemblée nationale, Florence Parly, ministre des Armées, annonce cette réduction de la capacité. Un module de dix lits a ainsi été décontaminé et démonté en vue d'un futur déploiement concerté avec le ministère des Solidarités et de la Santé, précise la ministre. Au total, l'EMR a accueilli 43 patients. Au moment de son audition, 13 étaient toujours pris en charge.

Jérôme Robillard

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