Gestion des risques

L'Association des maires de France souhaite avoir la main sur la distribution des masques

La date du déconfinement annoncée par le président de la République approche. L'Association des maires de France a présenté à l'Élysée ses propositions. Elle souhaite que le rôle des maires et présidents d'intercommunalités soit inscrit dans le futur plan.Le plan national de déconfinement promis par le président de la République le 13 avril est en cours d'élaboration. Les protagonistes de la gestion de la crise Covid-19 sont à pied d'œuvre pour défendre leurs points de vue. Le Premier ministre a chargé les ministres d'aborder les problématiques du déconfinement secteur par secteur et de lui remettre leurs propositions. Dans cette phase de préparation, l’Association des maires de France (AMF) et des présidents d’intercommunalités reçue ce 23 avril par le président de la République, Emmanuel Macron, a pu lui présenter ses propres suggestions.

Un plan collégial de déconfinement

Tout d'abord, l'AMF prévient : elle place "la santé des Français au premier rang de ses priorités" et "elle ne se reconnaît aucune compétence dans le domaine sanitaire et médical, qui relève exclusivement des autorités qui en ont la charge". Pour autant, elle souhaite "un retour le plus rapide possible à une dynamique économique et sociale qui limite les effets de la crise pour tous les Français et permette la relance des activités économiques". Elle insiste aussi sur "la nécessité de maintenir le caractère proportionné et temporaire des atteintes aux droits individuels et collectifs nécessitées par l'état d'urgence sanitaire".

Elle épingle au passage la décision de confinement "prise dans l'urgence et sans concertation préalable des communes et de leur maire. Elle les a mis dans l'obligation de répondre aux interrogations de la population sans connaître les intentions de l'État, découvertes au fil de leur élaboration". Avec ses différentes propositions, elle semble vouloir prendre la main sur les modalités du déconfinement. Globalement, elle demande que le dispositif qui sera choisi nationalement laisse une marge de manœuvre aux élus locaux pour envisager des adaptations nécessaires aux impératifs territoriaux. L'association insiste aussi sur la nécessité d'une mise en œuvre progressive, caractéristique que le président de la République a aussi évoquée dès le départ.

Lors d'une table ronde le 16 avril consacrée au Covid-19 et organisée par la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, son président, Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin, a rappelé que l'État centralisé face à une crise sanitaire semble manquer de souplesse, alors que les prises de décisions se font sur le terrain.

Des FFP2 pour les maires

Dans le même ordre d'idée, l'AMF propose que les maires soient reconnus par l’État comme des acteurs habilités à bénéficier de stocks de masques chirurgicaux et FFP2. Depuis le début de la crise, l'approvisionnement et la gestion des stocks de masques ont été les sujets de nombreuses polémiques. Le rôle des ARS en la matière semble poser question. "Plusieurs villes alertent sur le fait que l'ARS leur refuse la fourniture de masques pour leur service d'aide à domicile ou les établissements médico-sociaux qu'elles gèrent", déplore l'AMF. L'association demande aussi que l'État mette à disposition des communes des volumes suffisants de masques grand public et en assure le financement "pendant tout le temps nécessaire à la résolution de la crise". Dans ce schéma, la distribution de ces masques pourrait être assurée par les communes.

Par ailleurs, pour l'AMF, la prise en charge du coût des tests "relève de la solidarité nationale et en tout état de cause ne [doit pas être] laissée à la charge des communes". Elle souhaite que "les modalités d'approvisionnement en tests pour les Ehpad et autres établissements médico-sociaux soient fixées en lien avec les collectivités". L'association regrette également que "les modalités de déconfinement des personnes les plus âgées ou les plus vulnérables sont imprécises à ce jour mais il est vraisemblable qu'il leur sera a minima fortement recommandé la plus grande prudence".

Lydie Watremetz

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