Ressources humaines

Les appels aux professionnels de santé volontaires se multiplient pour trouver du renfort

La crise sanitaire nécessite d'importants besoins en professionnels de santé. Pour anticiper et pallier une éventuelle pénurie, les initiatives nationales ou locales se multiplient. Elles sont le fruit d'institutionnels mais aussi d'entreprises. La crise sanitaire actuelle mobilise de nombreux professionnels de santé et avec l'approche du pic épidémique, les besoins en termes de ressources humaines sont croissants. Dès le 10 mars, le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom), Santé publique France et l'Ordre national des infirmiers (Oni) appelaient les médecins et infirmiers qui le peuvent à rejoindre la réserve sanitaire (lire notre article). Depuis, de nombreuses initiatives ont vu le jour pour appeler à la mobilisation "des forces vives".

40 000 inscrits dans la réserve sanitaire

La réserve sanitaire est en effet l'un de ces leviers. Dans son allocution du 25 mars, le président de la République a indiqué qu'elle permet "d'apporter des bras, des soutiens à des femmes et des hommes qui se réengagent pour aider". Emmanuel Macron a évoqué une réserve de "plus de 40 000 inscrits". Une mobilisation à laquelle il faut ajouter celle de la plateforme "Je veux aider", qui permet à chacun d'apporter son aide dans la crise, en fonction de ses compétences et moyens. Cette deuxième réserve est estimée à plus de 100 000 personnes engagées, a indiqué Emmanuel Macron.

Ce 25 mars également, la Direction générale de la santé (DGS) a lancé un nouvel appel aux renforts pour pallier les fortes tensions dans les territoires. Les principales régions concernées ? Le Grand-Est, l'Île-de-France, les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté. La DGS anticipe également un besoin en ressources humaines en Outre-mer. Elle demande donc à tous les professionnels de santé en exercice, libéral ou salarié, ou retraités de se manifester auprès du ministère des Solidarités et de la Santé via l'appel à volontariat sur son site. Ces professionnels pourront ensuite être mobilisés par le ministère lui-même ou leur ARS.

Les applications et sites emplois s'adaptent

Cette démarche s'inscrit en complément de l'opération #Renforts-Covid, mise en place par l'ARS Île-de-France et élargie à l'ensemble des ARS. Elle s'adresse aux étudiants, aux professionnels ou retraités qui souhaitent mettre leurs compétences à disposition des établissements de santé, sanitaires ou médico-sociaux. Cette mobilisation se fait via l'application medGo. Au 25 mars, selon l'ARS Île-de-France, ce dispositif a permis de recueillir 4 200 propositions d'aide de professionnels volontaires, dont 1 500 infirmiers. Ce sont 316 établissements de la région Île-de-France qui ont activé un compte sur ce site, et 21 ont déjà fait des demandes de renfort de postes.

Faisant le constat du manque de soignants et personnels dans beaucoup d'établissements, le site emploi spécialisé Staffsanté et la solution de gestion des remplacements Teamsquare* ont lancé, dès le 20 mars, un appel pour mobiliser tous les professionnels disponibles et volontaires. Depuis son lancement, plus de 3 200 volontaires, infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de puériculture... ont déjà répondu présents depuis toutes les régions de France. En complément, les deux sites proposent à tous les établissements de diffuser gratuitement leurs offres d’emplois et de remplacements pendant toute la durée de la crise. Pour l'heure, 150 établissements ont pris part à cette démarche.

Des recrutements et des crédits

Enfin, certains d'entre eux choisissent de lancer un appel au niveau local. C'est le cas notamment de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (Bouches-du-Rhône) qui a ouvert un recrutement de personnel médical et paramédical via son site internet. Enfin, ces nombreux appels à la mobilisation font aussi écho à la forte mobilisation des étudiants en santé de toutes les filières (lire nos articles ici et ). La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a par ailleurs annoncé la mobilisation de crédits du plan d'investissement dans les compétences. Des étudiants infirmiers et aide-soignants des régions Grand-Est et Île-de-France notamment pourront en bénéficier au titre du renfort aux équipes.

Clémence Nayrac

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