Offre de soins

Rennes et Saint-Brieuc deviennent une terre de transferts pour les patients franciliens

À l'écart de la vague de coronavirus qui ébranle l'Est et l'Île-de-France, le CHU de Rennes et le CH de Saint-Brieuc se mettent en capacité d'accueillir des patients par transferts. Le tout selon une montée en charge territoriale et graduée.En Bretagne, qui reste encore quelque peu épargnée par la pandémie de coronavirus si ce n'est le cluster originel observé dans le Morbihan (lire notre article), les hôpitaux deviennent une terre de transferts pour décharger l'Île-de-France. Cette dernière est aujourd'hui saturée avec, au 2 avril, 2 327 patients en réanimation (+11% en 24 heures) contre tout juste 80 en Bretagne. La veille, 36 patients en état grave ont ainsi été convoyés par TGV médicalisés vers Brest (Finistère, 10 au CHU et 6 à l'hôpital militaire Clermont-Tonnerre, lire notre article), Rennes (Ille-et-Vilaine, 12 au CHU) et Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor, 8 à l'hôpital, lire l'encadré).


Une mobilisation en plusieurs niveaux

Au CHU de Rennes, cette opération a nécessité d'embarquer à bord du train 3 anesthésistes-réanimateurs, 3 urgentistes, 12 infirmiers (pour certains spécialisés en anesthésie, Iade) et 3 responsables logistique, sans oublier en parallèle 1 chauffeur pour conduire le camion de matériel acheminé séparément, précise l'hôpital breton dans un communiqué. De manière plus générale, le CHU dénombrait ce 1er avril avant transfert 76 patients hospitalisés pour Covid-19, dont 29 en réanimation ou unité de surveillance continue, 29 en médecine, 2 en SSR et 3 dans le cadre de la filière obstétrique. De fait, "la grande majorité des patients confirmés Covid-19 sont pris en charge à leur domicile", note l'établissement, soit 130 malades via l'application MyCHU. Enfin, 5 décès ont pour l'heure été constatés avec une moyenne d'âge à 77 ans.

En parallèle, le CHU enregistre depuis deux semaines trois fois plus d'appels que d'habitude au Samu-Centre 15, avec des pics à plus de 2 000 par jour, ce qui a nécessité d'étoffer très sérieusement les effectifs : outre les médecins, c'est surtout le cas des assistants de régulation médicale (Arm, +4 le matin, +2 l'après-midi et +2 en soirée). Opérationnel depuis la mi-février dans les locaux du centre de vaccination, le centre de consultation ambulatoire réalise désormais entre 25 et 35 consultations par jour, avec des pics à 40 patients. Au total, le CHU a cumulé près de 725 consultations depuis la fin février au niveau de son service de maladies infectieuses. L'équipe mobile en Ehpad totalise quant à elle un peu plus de 1 000 prélèvements depuis la mi-mars et le laboratoire de virologie 4 370 analyses depuis le 22 février (à 13% positifs).

Par ailleurs, le CHU dispose d'ordinaire de 48 lits de réanimation spécialisés (réanimation médicale, réanimation chirurgicale, réanimation cardiaque, vasculaire et thoracique) et de 27 lits de soins continus. Au fur et à mesure de l'avancée de la pandémie, il a convenu de mobiliser sur un plan gradué de 10 niveaux au total plus de 100 lits de réanimation. En médecine, c'est un plan de mobilisation en 7 niveaux permettant d'atteindre une capacité de 191 lits dédiés Covid-19 qui a été élaboré. Même logique sur les SSR et les soins palliatifs avec là encore un dispositif de montée en charge progressif permettant d'identifier jusqu'à 57 lits de SSR fléchés pour le coronavirus, 30 lits en médecine physique et de réadaptation et 17 lits en fin de vie.

Le public-privé en alerte conjointe à Saint-Brieuc

Au CH de Saint-Brieuc, l'accueil ce 1er avril des 8 patients franciliens atteints du Covid-19 a nécessité de mobiliser dans le TGV médicalisé 7 personnels de santé : 1 urgentiste, 1 réanimateur, 4 infirmiers anesthésistes et 1 ambulancier logisticien*. Sur un plan logistique, "le matériel médical qui représentait près de 20 m3 [...] a été acheminé par camion la veille du transfert (matelas coquille, matériel de réanimation tels que respirateurs, scope multiparamétriques, pousse-seringues, médicaments...)", relate l'hôpital briochin dans un communiqué.

En parallèle, l'établissement continue à fonctionner en alerte conjointe avec son voisin mutualiste qu'est l'Hôpital privé des Côtes-d'Armor à Plérin-sur-Mer, propriété du groupe Hospi Grand Ouest. Tous deux ont opéré une augmentation capacitaire en soins critiques, avec côté public un doublement en réanimation et côté privé une autorisation dérogatoire pour activer 12 lits de réanimation. En médecine, le premier compte à ce jour 5 secteurs dédiés au coronavirus pour une capacité de 86 lits d'hospitalisation, le second une unité de 20 lits. Le tout se double "d'une coordination médicale et de l'identification d'un binôme médical sur les deux structures dans une logique de montée en charge progressive et parallèle des organisations médicales et soignantes".

Thomas Quéguiner

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