Politique de santé

Le recensement des victimes du Covid-19 reste imparfait pour le Synerpa

Le nombre des victimes du Covid-19 en Ehpad semble être une donnée précieuse. En point presse, Florence Arnaiz-Maumé est revenue sur cette problématique rappelant au passage le circuit des avis de décès en Ehpad.Dévoilé au compte-gouttes, le nombre des décès collectifs en Ehpad a très vite sensibilisé l'opinion publique voire inquiété les professionnels. La question du recensement des résidents atteints de Covid-19 et de victimes en Ehpad était régulièrement posée au point presse quotidien du directeur général de la santé (DGS) Jérôme Salomon, jusqu'à ce qu'il annonce la mise en place d'un outil spécifique de signalement des cas et des décès de Covid-19 en structures médico-sociales (lire notre article). Le 2 avril, les résultats du premier recensement sont officiellement tombés. Avec un bémol toutefois, il faudra encore attendre pour avoir des chiffres précis concernant les Ehpad (lire notre article). De là à imaginer que les Ehpad ne veulent pas communiquer sur le sujet il y a un pas que certains ont pu réaliser.

Une obligation légale

C'est pourquoi, ce 3
 avril lors d'un point presse (en téléconférence), Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, a insisté sur le fait qu'il existe depuis des décennies un canal officiel de déclarations de décès. Le médecin traitant est ainsi qualifié pour établir dans les 24 heures un certificat de décès remis à l'état civil. C'est l'unique obligation légale jusqu'à présent qui incombait aux Ehpad. Dans la foulée, l'état civil transmet l'avis de décès à la direction régionale compétente de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Et c'est ainsi que les statistiques sont ensuite officiellement délivrées.

Des débuts difficiles

Jusqu'à présent les établissements n'avaient pas dans ce schéma à faire des remontées des décès quotidiens aux ARS. Depuis le 29 mars, la donne a changé. Une plateforme nationale dédiée aux établissements médico-sociaux pour le recensement des cas et des décès suspects et avérés de Covid-19 a donc été ouverte. Au regard de la nouveauté, Florence Arnaiz-Maumé estime qu'il n'est pas étonnant que les premiers résultats affichés soient partiels. Elle indique également qu'il est difficile d'assurer avec certitude la cause du décès par Covid-19 en l'absence de test. Comptabiliser les décès des résidents est une chose, déclarer avec certitude que leur origine est bien le coronavirus semble plus compliqué. Par ailleurs, elle déplore que "dans certaines régions, comme par exemple les Hauts-de-France, l'Île-de-France, la Corse ou encore l'Occitanie", des dispositifs régionaux de collecte des cas de décès se seraient substitués à la plateforme de saisie nationale, provoquant un certain flottement d'organisation.

Des chiffres à prendre avec prudence

Globalement parlant, même si le recueil des données reste encore imparfait et devra être analysé et confronté aux résultats des années antérieures, Florence Arnaiz-Maumé estime toutefois que le chiffre avancé le 2 avril de 884 décès pour les établissements médico-sociaux au regard des près de 600 000 lits d'hébergement pour personnes âgées dépendantes traduit trois réalités. Tout d'abord, la grande majorité des résidents d'Ehpad n'ont pas contracté le Covid-19, ensuite il y a ceux qui ont réussi avec des mesures barrières précoces (du type confinement en chambre) à maintenir la contagion à 1 ou 2 cas. Et finalement, il n'y aurait que quelques établissements où les cas se sont dangereusement multipliés. Pour Florence Arnaiz-Maumé, "l'État pourrait au moins nous dire précisément combien il y a d'établissements en crise grave". Elle dénonce au passage un manque de soutien sanitaire entre autres de quelques ARS, soulignant au passage qu'à sa connaissance, peu de transferts de résidents d'Ehpad malades vers des établissements hospitaliers ont été organisés.

Lydie Watremetz

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