Ressources humaines

Le territoire rouennais se dote d'un médecin gestionnaire des flux de réanimation

Face à l'afflux de patients Covid-19, l'ancienne Haute-Normandie s'est dotée d'un médecin gestionnaire territorial des flux de lits de réanimation. Un dispositif qui lui permet d'avoir une vision en temps réel de la disponibilité."La régulation en temps réel des lits est un élément essentiel pour prendre en charge l'afflux important des patients Covid-19 tout en préservant un accès aux autres filières de réanimation non-Covid." Le CHU de Rouen (Seine-Maritime) a donc décidé de mettre en place un médecin gestionnaire territorial des flux de lits de réanimation. Dans un communiqué du 7 avril, l'établissement rouennais explique avoir dû modifier profondément la configuration des réanimations pour pouvoir gérer l'arrivée massive de patients atteints du Covid-19 tout en assurant en parallèle l'accueil des urgences vitales habituelles. Par conséquent, les réanimations médicale et chirurgicale, polyvalente ou d'organe ont évolué plus simplement vers "des réanimations polyvalentes Covid ou non-Covid". De nouveaux secteurs de réanimation sont aussi apparus au fur et à mesure de l'épidémie.

Réflexion en amont

Pour anticiper la gestion de la disponibilité des lits, une réflexion a été menée sur les conditions de supervision et de coordination des lits de réanimation et ceci au-delà même du CHU, détaille-t-il. En effet, une vision plus large intégrant l'ensemble des réanimations des établissements de santé présents sur le territoire a été choisie. Concrètement, les équipes de réanimation du CHU de Rouen et des CH d'Elbeuf, Le Havre, Dieppe et Évreux (Eure) ont mis en place mi-mars un réseau territorial sur l'ancienne Haute-Normandie comptant 155 lits Covid-19 et 55 lits pour non Covid-19, soit 200 lits à gérer. Cette gestion a été confiée à un médecin anesthésiste-réanimateur positionné au CHU de Rouen. Cette vision globale "offre des possibilités d'ajustements bien plus importantes, dans un esprit de subsidiarité, qu'à l'échelon d'un établissement isolé", note le CHU.

Whatsapp et Menkorn-Covid-19

Le médecin gestionnaire est joignable 24h/24 et soulage les médecins de soins critiques en traitant les demandes de lits de réanimation, intra ou extrarégional. Il facilite également une meilleure liaison avec l'ARS Normandie qui gère quant à elle les transferts. En matière d'outil, ce médecin s'appuie sur un groupe Whatsapp qui a été créé pour l'occasion par des médecins réanimateurs territoriaux qui indiquent, "pratiquement en temps réel, non seulement la disponibilité de leurs lits de réanimation mais aussi de l'occupation des services médicaux Covid-19". Cela permet aussi, précise le CHU, d'anticiper l’afflux secondaire en réanimation. Par ailleurs, il dispose d'une application informatique — Menkorn-Covid-19 de la société Crisisoft — pour colliger "finement les disponibilités de lits". Celle-ci apporte une vue territoriale aux équipes de réanimation, aux directions des établissements, aux Samu 76A et 76B ainsi qu'à l'ARS. De plus, une visioconférence est organisée au minimum deux fois par semaine pour assurer le partage d'expérience et faire un point de situation.

Gestion des transferts

Le médecin gestionnaire peut proposer des admissions ou des transferts mais, in fine, c'est à l’équipe médicale sollicitée que revient la décision. À titre d'exemple, il a proposé à l'équipe du CH d'Évreux, au regard de l'engorgement de ses capacités de réanimation, le transfert de patients Covid-19 non seulement vers le CHU mais aussi vers trois autres hôpitaux (Elbeuf, Le Havre et Dieppe) moins saturés. "Ces transferts ont permis d'éviter qu'une absence de lit disponible sur le site ne compromette la sécurité des patients", note le CHU. Au total, dix-sept patients ont été transférés. Des liaisons sont aussi assurées avec le médecin gestionnaire de flux de l'Île-de-France pour le transfert de patients Covid-19. En moyenne, dix à douze patients sont régulés quotidiennement. Et certains patients, pour libérer des lits non Covid-19 ont pu être transférés du CHU vers une unité de surveillance continue d'un établissement libéral ou alors entre deux cliniques.

Géraldine Tribault

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