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Le CHU de Lyon met l'accent sur la protection et la préservation de ses équipes au front

Les Hospices civils de Lyon recensent, depuis le début de la crise, 486 soignants testés positifs au Covid-19. La priorité est donnée à la protection des équipes, pour permettre une action dans la durée. Autre point de vigilance : la pharmacie. Ce 9 avril, les Hospices civils de Lyon (HCL, Rhône) ont revu leur organisation dans le cadre de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. L'occasion pour le CHU lyonnais d'en dévoiler plus sur l'état de santé de ses troupes. Ces chiffres sont donnés de "manière très transparente" et quotidienne aux équipes, a indiqué Guillaume du Chaffaut, directeur général adjoint des HCL.

Une activité toujours élevée

Au 9 avril, 1 265 patients atteints du Covid-19 sont hospitalisés dans le Rhône et le Nord-Isère, dont 279 dans les services de soins critiques. Au sein des HCL, 674 patients sont hospitalisés, dont 160 en lits de soins critiques. Une tendance "haute" qui tend à se stabiliser mais reste à un niveau élevé, explique le CHU. Par ailleurs, au sein du Samu, 1 100 dossiers de régulation sont ouverts quotidiennement, dont un tiers liés au coronavirus. L'activité a décru au cours de ces derniers jours mais s'établit elle aussi à un pallier toujours élevé. Les HCL indiquent en outre que les prises en charge hors Covid-19 sont maintenues et que l'organisation du CHU et du territoire leur permet d'assurer la sécurité de toutes les prises en charge.

486 soignants testés positifs

À ce jour et depuis le début du mois de mars, un peu plus de 1 500 soignants ont ainsi pu être testés avec un résultat positif pour 486 d'entre eux. Aucun professionnel des HCL n'est décédé, aucun ne se trouve aujourd'hui dans un service de réanimation. "Nous surveillons la situation de manière très proche, puisque nous protégeons et accompagnons nos professionnels face à cette situation", complète le directeur adjoint, tout en saluant la mobilisation de l'ensemble de ses équipes. L'établissement a d'ailleurs lancé "un travail d'analyse pour identifier les services les plus touchés", ajoute Guillaume du Chaffaut.

Des efforts efficaces en réanimation

Le CHU a dû s'adapter à la demande plus spécifiquement en réanimation et a dû augmenter de façon "extrêmement importante", le nombre de soignants "car les patients [traités] sont des cas extrêmement lourds", témoigne le Pr Jean-Christophe Richard, chef de service de réanimation médicale, à l'hôpital de la Croix-Rousse. Cinq infirmiers et au moins trois aides-soignants sont présents pour dix malades. L'organisation atteint un niveau de "routine", grâce à un point fondamental : les efforts faits pour prévenir les risques de transmission ont considérablement augmenté en réanimation. "D'abord parce que les malades y sont particulièrement contagieux mais aussi parce que les procédures que l'on utilise sont particulièrement à risque pour les soignants", confie Jean-Christophe Richard. L'ensemble des soignants de réanimation appliquent des mesures contraignantes mais maîtrisées. Dans une équipe de plus de 100 personnes à la Croix-Rousse, seul un cas est à déplorer parmi les soignants. Les efforts doivent toutefois être maintenus pour rester vigilants et limiter une forme de banalisation qui exposerait aux risques, complète le chef de service.

Une importante réserve de renforts

Plus largement, les HCL bénéficient aussi d'une importante "réserve" de renforts. Depuis le début de la crise, l'appel à candidatures a permis de mobiliser un peu plus de 600 personnels soignants et presque 800 médecins. "Nous n'avons pas encore sollicité tous ces renforts car l'enjeu est de tenir sur la durée", insiste le directeur adjoint. Il évoque en outre une forte contribution des professionnels des autres établissements du territoire, privés notamment, qui sont venus renforcer les équipes des HCL.

L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes a en effet confié aux HCL la coordination du territoire, de l'ensemble des établissements publics et privés. Une organisation "remarquable" par la contribution de tous les établissements, via l'accueil des malades, le prêt de matériel ou encore la mobilisation de personnels. Toutefois, quelques tensions subsistent, sur les équipements notamment. "La priorité et d'assurer la protection de nos personnels sur la durée", résume Guillaume de Chaffaut. Ces professionnels sont aussi épaulés par le comité d'éthique des HCL, qui peut leur apporter une aide en leur fournissant des outils utiles à la réflexion. "Nous sommes particulièrement sollicités depuis le début de l'épidémie, nous avons constitué une cellule éthique de crise, en visioconférence", raconte le Pr Jean-François Guérin, président du comité d’éthique. Cette cellule s'intéresse aux patients mais aussi aux soignants, à leur protection et à leur souffrance. Cela constitue "une priorité absolue", conclut Jean-François Guérin.

Gérer le risque de pénurie en pharmacie

Les HCL ont aussi proposé ce 9 avril un zoom sur la pharmacie et la gestion des stocks de médicaments, dans le contexte d'un risque de pénurie. Le Dr Claude Dussart, chef de service de la pharmacie et stérilisation centrales et le Pr Laurent Juillard, président de la Commission du médicament et des dispositifs médicaux stériles (Comedims) ont décrit une organisation qui s'appuie sur la pharmacie centrale des HCL, mais aussi sur les autres structures du territoire. Un travail de coopération pour mettre à disposition dans les meilleures conditions de sécurité et de qualité l'ensemble des traitements aux patients. "Depuis plusieurs années, un triptyque construit fait collaborer trois structures, la pharmacie, la Comedims et la direction des achats. Il a été d'une grande aide pour apporter la réponse la plus efficace et élaborée possible à cette crise", décrit Claude Dussart.

Comme dans les autres établissements français, la pénurie de médicaments utilisés en soins intensifs et réanimation préoccupent les HCL. Les besoins de ces médicaments ont été multipliés par vingt. La pharmacie des HCL est attentive à la disponibilité de l'ensemble des stratégies thérapeutiques mises en œuvre. Elle gère en outre 2 200 références de médicaments et 1 400 références de dispositifs médicaux stériles. Par ailleurs, la Comedims veille pour sa part à la gestion du livret thérapeutique et au bon usage du médicament. Elle fournit aussi des outils pour faciliter la prescription et le suivi par les professionnels. Une dizaine de guides a déjà pu être livrée pour les patients atteints de Covid-19. Plus spécifiquement sur les tensions d'approvisionnement, en collaboration étroite avec les collèges des anesthésistes-réanimateurs et réanimateurs médicaux, la commission a rédigé un document devenu référence national — car retenu par la Direction générale de la santé — qui vise à optimiser les doses de curare et définir des protocoles, notamment sur l'usage d'autres molécules, dans le traitement du Covid-19.

Clémence Nayrac

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