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Politique de santé

La collaboration entre urgentistes du privé et du public sortirait "gagnante" de la crise

Pour le Syndicat national des urgentistes de l'hospitalisation privée, le Covid-19 a confirmé le fonctionnement complémentaire des services d'urgences du privé et du public. "La différence de secteur n'a que peu de valeur."Un véritable "coup dur". À la tête du Syndicat national des urgentistes de l'hospitalisation privée (Snuhp), le Dr Albert Birynczyk est encore sous le choc de la disparition de celui qui fut à l'origine de cette organisation représentative des acteurs libéraux de l'urgence : le Dr Jacques Fribourg, emporté le 25 avril des suites du Covid-19 (lire notre article). "Nous sommes profondément touchés, attristés... Je n'aurai de mot pour expliquer l'émotion qui se dégage de l'ensemble des urgentistes et de tous ceux qui ont pu le côtoyer." Au même titre que leurs collègues du public, les urgentistes du privé se sont rapidement trouvés en première ligne et du même coup organisés pour faire face à la crise sanitaire, adoptant eux aussi "un accueil et un triage différenciés" selon qu'il y ait ou pas suspicion de Covid-19, relate le praticien à Hospimedia.

Des symptomatologies parfois atypiques

Lui est en poste à l'Hôpital privé de la Loire à Saint-Étienne
 (Loire) qui relève du groupe d'hospitalisation privée Ramsay Santé. "Pour autant, nous n'avons pas connu de situation de saturation. Nos services d'urgences ont globalement suivi une baisse d'activité divisée par deux voire trois, comme à l'hôpital public." Mais une chose est sûre, loin de certaines antiennes encore véhiculées par certains, "nous nous sommes mobilisés de la même façon que le public tout en préservant cette complémentarité public-privé via la régulation du Samu", selon le positionnement de l'établissement face au coronavirus. D'ailleurs, Albert Birynczyk le martèle : "Nous sommes un système complémentaire. L'intérêt du patient est que le privé soit intégré, dont les urgences. La différence de secteur n'a que peu de valeur. Peut-être d'ailleurs que cette épidémie va justement permettre de réaliser l'intérêt de collaborer, de se coordonner." Et s'il devait y avoir demain un "gagnant" à la sortie de la crise, le responsable du Snuhp mise justement sur cette collaboration entre secteurs public et privé (lire notre article et notre analyse).

Quant à la prise en charge elle-même du Covid-19, l'urgentiste pointe avant tout des formes cliniques parfois "trompeuses", qui ont effectivement pu poser problème. "Autant l'identification à l'accueil d'un patient qui tousse et a de la température s'avère plutôt simple dans le tri, autant ce n'est pas le cas des patients présentant des symptomatologies atypiques", entre autres neurologiques ou digestives. Par exemple "lorsque le patient a peu de signes évocateurs de l'infection : pas de fièvre mais mal au ventre ou de la diarrhée". Or de cette identification résulte une différenciation de secteur hospitalier Covid-19 ou non, rappelle le praticien rhônalpin : "Il est donc crucial de réaliser un diagnostic précis pour ne pas hospitaliser un malade dans un secteur classique et infecter ensuite d'autres patients."

Thomas Quéguiner

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