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Psychiatrie

L'accès aux soins des personnes souffrant de problèmes psychiatriques doit être préservé

La psychiatrie, soutenue par des institutionnels comme le CGLPL, alerte. Elle souhaite que ses patients ne deviennent pas les victimes collatérales du Covid-19. Les établissements s'adaptent quant à eux entre confinement, accès aux soins et prise en charge des patients infectés.
Dossier en 2 parties :
Les établissements s'organisent sur le terrain
Les établissements spécialisés en psychiatrie se sont spontanément organisés pour apporter une prise en charge à leurs patients souffrant du Covid-19. Revue non exhaustive des dispositifs mis en place.
Dans un communiqué daté du 26 mars, l'Association française des psychiatres d'exercice privé-Syndicat national des psychiatres privés (AFPEP-SNPP) constate que les psychiatres libéraux s'organisent spontanément de plus en plus à l’échelle régionale citant les exemples de Reims (Marne) et Strasbourg (Bas-Rhin). C'est le cas aussi dans les établissements publics de santé mentale (EPSM). Ils ont mis en place rapidement des organisations de crise.

Le CHS de Nancy

En plein cœur de l'épidémie, le CH spécialisé de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a pris dès le début de l'épidémie des mesures. Il lui est ainsi apparu nécessaire de développer une unité dédiée aux situations de patients nécessitant des soins psychiatriques et présentant une infection possible ou avérée par le Covid-19. Dans un document de synthèse, il explique que cette éventualité a été envisagée pour la première fois le 9 mars. Le 18 mars, une décision institutionnelle d’ouverture de cette unité a été prise en cellule de crise de l’établissement, pour une ouverture le 20. Étant donné le risque épidémique, une équipe de première ligne et une équipe de réserve ont été constituées. Cette unité dispose de 20 chambres, dont 2 ont un sas de décontamination réservées aux patients "pour lesquels le risque de transmission est plus élevé (incontinence, excrétions...)". À ces places disponibles s'ajoute une chambre d'isolement psychiatrique équipée.

Le CH Le Vinatier de Bron

Au CH Le Vinatier de Bron (Rhône), depuis fin février, une cellule de crise active se réunit de façon quotidienne, afin de décider des mesures de prévention du risque épidémique pour les patients hospitalisés et les professionnels. Elle a notamment décidé de reconfigurer deux unités dédiées entièrement aux patients touchés par la maladie Covid-19. L'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD) est maintenant organisée pour accueillir des patients souffrant de troubles mentaux aigus et diagnostiqués Covid-19, sans signes de gravité tandis que l'unité SSR se déploie pour accueillir, avec le personnel médical nécessaire, des patients de l'ensemble de la métropole de Lyon et des deux EPSM, alliant des signes de gravité du Covid-19 et ne nécessitant pas de soins de réanimation, et des troubles du comportement.

Les EPSM du GHT Nord-Pas-de-Calais

Les établissements du groupement hospitalier de territoire (GHT) du Nord-Pas-de-Calais se sont également mobilisés. Ainsi, les EPSM ont réorganisé en quelques jours leur réponse ambulatoire afin de prévenir tout risque d'augmentation des passages dans les services d’urgence des hôpitaux généraux . "Tout en déprogrammant et reportant les consultations ou les venues qui pouvaient l'être, les centres médico-psychologiques (CMP) et les hôpitaux de jour ont mis en place une activité téléphonique proactive pour rester en contact avec les patients confinés", indique l'EPSM de l'agglomération lilloise. De leur côté, les hospitalisations ont été réorganisées pour empêcher un transfert trop rapide vers les hôpitaux généraux. Des unités dédiées à la prise en charge, y compris somatique, des patients contaminés sont en cours d'installation. Les équipes de psychiatrie de liaison sont totalement mobilisées pour renforcer les services des hôpitaux généraux et les urgences. Les EPSM ont également proposé : "Tout en déprogrammant et reportant les consultations ou les venues qui pouvaient l'être, les centres médico-psychologiques et les hôpitaux de jour ont mis en place une activité téléphonique proactive pour rester en contact avec les patients confinés, en leur proposant au besoin une consultation sur place, voire en organisant une visite à domicile autant que de besoin de mettre des professionnels (infirmiers, éducateurs) à disposition des Ehpad et unités de soins de longue durée (USLD) de leur territoire afin d'épauler les équipes de ces structures dans l'accompagnement des personnes âgées dans cette période de confinement durant laquelle elles ne reçoivent aucune visite et n’effectuent aucune sortie."

Le Nouvel hôpital de Navarre

Réorganisation aussi pour le Nouvel hôpital de Navarre à Évreux
 (Eure) de manière dégradée et coordonnée pour assurer la continuité des soins dans ses différents services et structures ambulatoires enfants, adolescents et adultes tout en gardant un service de proximité. Pour reconcentrer le personnel sur les services prioritaires, les centres d'accueil thérapeutiques à temps partiel et les hôpitaux de jour ont été fermés temporairement et la continuité des soins des activités non différables est transférée sur les centres médico-psychologiques (CMP) ou le centre d'accueil et de crise. Et au sein des CMP seules les consultations d'urgence et les cas complexes sont maintenus. En outre, le Nouvel hôpital de Navarre a interdit les visites et interdit aux patients de sortir de l'enceinte de l'établissement. Enfin, une unité Covid-19 dédiée de treize lits a été mise en place le 25 mars pour les patients psychiatriques.

Le CH Philippe-Pinel d'Amiens

Au CH Philippe-Pinel d'Amiens
 (Somme), l'activité des CMP est maintenue "mais adaptée aux circonstances", note l'établissement dans un communiqué. Il estime en effet que l'absence de consultations pourrait en effet, "à brève échéance, générer un recours accru aux urgences ou à l'hospitalisation, qui serait particulièrement préjudiciable dans le contexte actuel". Les consultations ciblées pour les cas complexes ainsi que les interventions à domicile au cas par cas sont toutefois maintenues. Les visites sont là aussi interdites et les sorties des patients ont été strictement limitées conformément aux dispositions prévues par le confinement. "Les permissions de sortie des patients sont donc suspendues jusqu'à nouvel ordre, sauf dérogation médicale dûment justifiée au cas par cas."

Clémence Nayrac et Géraldine Tribault

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