Gestion des risques

L'AP-HP n'a plus de filet de sécurité et s'ouvre à la réanimation hors les murs

Avec près de 870 patients accueillis en réanimation, le CHU francilien flirte avec ses limites capacitaires. S'il n'est pas encore complètement saturé, il a tout de même dû armer des chambres en ventilateurs et scopes pour y placer des patients.Si son directeur général, Martin Hirsch, assure que l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) n'est pas encore complètement saturée, il ne dispose plus depuis vingt-quatre heures de la moindre marge de sécurité (lire notre article). C'est ce qu'il a laissé entendre ce 31 mars face à la presse, alors que l'établissement compte environ 870 patients en réanimation des suites du Covid-19 et l'ensemble de l'Île-de-France près de 2 040.

38 transferts attendus vers la Bretagne

Certes, le directeur général espère encore parvenir à ouvrir des lits supplémentaires dans les jours à venir (lire notre article) mais la tension sur les effectifs de soignants complique la tâche. En matière d'heures supplémentaires, de reports de congés et de jours de récupération et donc sans le dire de fatigue, "on dépasse chaque jour les limites de la veille", ne cache pas l'intéressé. De son côté, le syndicat Le Bloc ainsi que le Conseil national des jeunes chirurgiens (CNJC) ont d'ailleurs appelé ce même jour par communiqué les anesthésistes-réanimateurs à venir "prêter main forte à [leurs] collègues de la région parisienne, dont les ressources sont aujourd'hui en grande tension".

Par ailleurs, si les transferts hors Île-de-France offrent "une soupape de sécurité très importante", ils demeurent "très limités". Après un premier transfert de douze patients franciliens (et donc pas exclusif AP-HP) le week-end du 28-29 mars vers Tours (Indre-et-Loire, lire notre article), 36 autres suivront ce 1er avril par TGV médicalisés cette fois vers la Bretagne, dont Brest (Finistère, 10 au CHU et 6 à l'hôpital des armées), Rennes (Ille-et-Vilaine, 12 au CHU) et Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor, 8 à l'hôpital). De fait, la plupart des hôpitaux du CHU francilien ont basculé ces dernières heures sur de la réanimation hors les murs pour augmenter leur nombre de lits. Jusqu'à présent, cela se limitait aux salles de réveil et unités de soins continus. Cette fois, des chambres sont armées de ventilateurs et de scopes pour héberger des patients en réanimation

Ouverture d'une application en ligne pour les diabétiques

En lien avec l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l'université de Paris, l'AP-HP a annoncé le 30 mars le lancement de l'application CoviDiab, qui se veut un outil national d'information, de prévention et d'accompagnement en ligne pour les patients diabétiques confinés en période de coronavirus. Trois besoins immédiats ont été identifiés : informer en temps réel ; répondre aux questions pratiques ; orienter les patients diabétiques vers les soins adaptés en cas de Covid-19. L'application s'appuie sur la plateforme Iriade. "Les patients diabétiques peuvent s'y inscrire eux-mêmes ou par l'intermédiaire d'un médecin", indique le CHU francilien.

Qu'ils résident en métropole ou en outre-mer, ils disposent ainsi d'"une médiathèque mise à jour quotidiennement" avec envoi de notifications mais aussi de questionnaires et conseils personnalisés. Enfin, "des questions sur l'état de santé sont posées régulièrement, afin d'orienter le patient vers des soins spécifiques selon les recommandations actualisées (médecin traitant, Samu, urgences) en cas de besoin en favorisant la téléconsultation". Le système prévoit également, pour les médecins qui le souhaitent, la surveillance d'alertes individuelles leur permettant d'agir directement auprès de leurs patients.

Thomas Quéguiner

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