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La coordination précoce des établissements du GHT de Lozère a endigué les contaminations

Avec actuellement cinq hospitalisations pour cas de Covid-19, la Lozère reste épargnée par le virus. Le territoire profite de sa faible densité de population mais aussi de la coordination rapprochée et anticipée de tous les établissements de santé.
Le 19 avril, 878 cas de Covid-19 étaient hospitalisés en Occitanie. Parmi les départements qui composent la région, la Lozère se démarque par la faible propagation du virus sur son territoire. Elle ne compte que cinq hospitalisations dont une en réanimation, soit les chiffres les plus bas en France métropolitaine (consulter notre carte de suivi de l'épidémie). Avec une densité de population de moins de 15 habitants par km2, le département facilite la distanciation sociale mais ce n'est pas la seule explication du faible nombre de contaminations d'après Jean-Claude Luceno, directeur de l'Hôpital Lozère à Mende (Lozère) et du groupement hospitalier de territoire (GHT) 48, rebaptisé le temps de l'épidémie, GHT 48-Covid-19. Sa particularité ? Il encadre seul tous les établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) du département, permettant une "vision globale" pour faire face à la crise et limiter la propagation du virus.

Des besoins anticipés

À l'échelle de notre département, la densité y est bien évidemment pour quelque chose dans le ralentissement de l'épidémie. Mais nous avons été très proactifs au niveau du territoire en identifiant les besoins des établissements dès début mars.
Jean-Claude Luceno, directeur de l'Hôpital Lozère et du GHT 48
Dans un département comptant 29 Ehpad et 52 établissements pour personnes handicapées, avec environ 1 700 résidents pour chaque secteur, la volonté d'éviter un foyer de contagion aux conséquences graves a poussé le GHT à agir avant les mesures de restriction. Personnes âgées, handicap, petite enfance, psychiatrie... tous les secteurs ont reçu avant même le début du confinement plus de 250 000 masques chirurgicaux et FFP2. Actuellement, le département ne rencontre pas de tensions pour l'approvisionnement en équipement de protection individuelle (EPI). Au vu des risques de pénurie au niveau national, le CH de Mende a en outre trouvé une solution locale pour produire 17 000 blouses en tissu réutilisables en partenariat avec une entreprise familiale des Cévennes.

Des conférences hebdomadaires avec tous les acteurs

Cette collaboration au niveau local est au cœur de la stratégie du GHT 48 qui lui a réussi jusqu'à maintenant. "En Lozère, tout le monde se connaît. Il n'y a pas eu de débat sur le fond de la stratégie contre le virus et ça a facilité la coordination et la cohésion", confie Jean-Claude Luceno à Hospimedia. Il est ainsi possible pour le GHT de traiter les problématiques, comme celles des masques ou de la prise en charge des fins de vie, en direct grâce à trois conférences téléphoniques organisées tous les jeudis. Tour à tour, les Ehpad, les établissements pour le handicap et les établissements sanitaires peuvent ainsi être informés au même moment et participer aux discussions sous l'égide de l'ARS et du conseil départemental.

Avec "une efficacité plutôt redoutable" souligne le directeur de l'Hôpital Lozère. D'après le point hebdomadaire régional de Santé publique France du 16 avril, quatre signalements et huit cas de Covid-19 chez les résidents ont été rapportés dans les établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) en Lozère depuis le 1er mars. Aucun décès n'est à déplorer depuis le début de l'épidémie. Le CH reste néanmoins vigilant et a augmenté ses capacités en réanimation de six à dix-sept places. Un comité d'éthique a également été créé pour répondre aux interrogations des soignants.

Des équipes par secteur pour dépister

Le CH de Mende se prépare en cas de besoin à un dépistage massif auprès de la population la plus vulnérable. Pour l'instant, il suit la stratégie de l'Occitane qui est de tester l'ensemble des résidents et personnels seulement si un cas Covid-19 a été confirmé dans l'établissement (lire notre article). Une équipe mobile de prélèvements PCR (pour réaction de polymérisation en chaîne) est déjà déployée pour intervenir lorsqu'un cas suspect est signalé en établissement pour personnes âgées ou personnes handicapées. Les dépistages généralisés n'ont pour l'instant pas été nécessaires dans les établissements lozériens.


Mais le département poursuit sa stratégie d'anticipation. Depuis le 17 avril, le GHT de Lozère met en place des équipes mobiles de territoire pilotées par les quatre hôpitaux de proximité. Elles rassemblent soignants et sapeurs-pompiers qui sont formés par secteur pour participer au dépistage par tests PCR. "La stratégie de déconfinement n'est pas encore précisée mais on pourra mobiliser ces équipes sous une autre forme s'il faut étendre les prélèvements à des tests sanguins", prévoit Jean-Claude Luceno. Conscient que le virus ne disparaîtra pas le 11 mai, l'Hôpital Lozère reste préparé en cas de hausse du nombre de contaminations dans le département.

Perrine Debacker

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