Gestion des risques

L'ARS La Réunion dépiste désormais tous les soignants symptomatiques au Covid-19

Les professionnels de santé réunionnais bénéficient d'une nouvelle stratégie de dépistage contre le coronavirus. Au moindre symptôme, la "détection précoce" devient la règle. Des drive-test sont en cours d'installation.À La Réunion, l'ARS a décidé le 24 mars de mettre en place "une nouvelle stratégie de dépistage" du Covid-19. En l'occurrence, il s'agit d'étendre les tests avec une "détection précoce" de tous les soignants symptomatiques, a indiqué la directrice générale, Martine Ladoucette, pendant son point presse quotidien. S'agissant des professionnels de santé de retour de métropole, ils seront désormais systématiquement dépistés le cinquième jour suivant leur arrivée sur l'île. Pour les autorités sanitaires, l'objectif de cette extension tient à l'insularité de La Réunion mais aussi au stade de développement sur place du coronavirus, "moins avancé" qu'en métropole quand bien même les règles de confinement y soient également de mise (1). En revanche, si elle va au-delà des pratiques de dépistage en vigueur dans l'Hexagone, l'ARS se refuse à tester l'ensemble des soignants réunionnais. Une telle mesure serait, selon sa responsable, "non pertinente, non efficace et trompeuse", y voyant une "fausse sécurité" : un test négatif un jour donné ne permet pas de garantir que la personne ne sera pas contaminée 48 heures plus tard.

Une capacité à 800 examens par jour

Pour mener à bien cette nouvelle stratégie, une augmentation "conséquente" des possibilités de dépistage se profile. Jusqu'à présent, seul le CHU de La Réunion était centre préleveur et effectuait les analyses biologiques, soit une capacité à 200 examens par jour amenée à doubler sous peu avec l'arrivée annoncée d'un nouvel automate. L'appel à candidatures lancé par l'ARS a permis de sélectionner deux laboratoires privés, permettant d'accroître cette capacité d'environ 400 examens par jour. D'ores et déjà, un premier drive-test est opérationnel depuis le 23 mars au Port, à l'ouest de l'île, sur le parking du laboratoire Cerballiance à quelques pas de la Clinique Jeanne-d'Arc-Les Orchidées du groupe Clinifutur. Un stand équipé pour réaliser les prélèvements nasaux y attend les voitures : le conducteur n'a pas à en sortir, il est directement dépisté par des personnes du laboratoire. Deux autres drive-test similaires doivent suivre dans les tout prochains jours à Saint-Denis et Saint-Pierre.

Des moisissures sur les masques du stock stratégique

Le 24 mars, l'ARS La Réunion a livré aux pharmacies et à destination des professionnels de santé libéraux prioritaires quelque 120 000 masques FFP2 puisés dans le "stock historique et stratégique régional" constitué pour la protection au risque NRBC (2) mais aussi contre le variole et la grippe A(H1N1). Selon la directrice générale, Martine Ladoucette, tous ont été doublement contrôlés en visuel et de manière analytique par un pharmacien du CHU pour s'assurer de leur étanchéité.
Rétropédalage vingt-quatre heures plus tard. Ce 25 mars, l'agence a en effet demandé aux officines de "cesser la distribution des masques FFP2, qui peuvent être jetés dans le circuit habituel des ordures". Entre-temps, elle a en effet été alertée de l'état dégradé d'une partie de ces protections, plusieurs soignants ayant constaté des taches de moisissure voire des insectes dans certains paquets.

Thomas Quéguiner

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