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La chirurgie ambulatoire vante son modèle à l'heure de la reprise des actes opératoires

Avant-gardiste face au Covid-19 ? Pour ses promoteurs, la chirurgie ambulatoire sort renforcée de la crise. Séjours raccourcis, désinfection des locaux facilitée, organisation réactive... Elle est l'une des solutions pour sécuriser une relance des soins opératoires qui fait également l'objet de recommandations du côté de l'académie de chirurgie.
À l'heure où s'amorce la reprise des activités programmées à l'hôpital, quelle est la place de la chirurgie ambulatoire et celle-ci peut-elle servir d'atout sécuritaire face au coronavirus ? À cette double interrogation, l'Association française de chirurgie ambulatoire (Afca) répond que la "rigueur organisationnelle" de ce pan d'activité va justement "dans le sens du respect des gestes barrières post-Covid-19". Dans un texte rédigé par les dix-huit membres de son conseil d'administration et diffusé le 3 mai, elle note même que la crise sanitaire actuelle est "une raison supplémentaire pour étendre l'utilisation de flux très courts, réduire les délais d'attente pré et postopératoire, avoir recours à des espaces boxés ou isolés" (lire notre article).

Une flexibilité en cas de 2e vague

Ainsi pour les patients ayant eu une anesthésie locale ou locorégionale tronculaire isolée, le bypass de la salle de soins postinterventionnelle (SSPI) devra être appliqué "aussi souvent que possible", souligne l'Afca. Et selon le fonctionnement des unités de chirurgie ambulatoire (UCA), "ces contraintes devront encourager les établissements à réfléchir pour étendre les lieux d'accueil des patients" et "éviter une trop grande limitation du nombre de patients pris en charge". Autant d'optimisations qui ne font, pour l'Afca, que rappeler l'importance de recommandations organisationnelles déjà largement diffusées avant l'apparition du Covid-19.

Par ailleurs, plusieurs autres éléments propres à la chirurgie ambulatoire plaident en sa faveur, insiste l'association. C
'est entre autres la brièveté du séjour hospitalier, qui réduit de facto le risque de contamination et rassure ainsi les patients et leurs proches, ou encore la fermeture des UCA la nuit et le week-end, ce qui facilite la désinfection des locaux et du matériel. En outre, ajoute l'Afca, "la chirurgie ambulatoire est flexible : elle peut, du jour au lendemain, être programmée ou déprogrammée. C'est une sécurité pour les établissements de santé devant le risque de rechute de l'épidémie de pouvoir en 12 heures libérer et mobiliser les locaux et les personnels soignants." La gestion de la fièvre postopératoire, si elle relève du Covid-19, apparaît également plus simple, ayant lieu à domicile et non dans une chambre d'hospitalisation. Cela évite ainsi la lourdeur de l'isolement et la multiplicité potentielle des cas contacts.

Un suivi à distance au domicile

De manière générale, la chirurgie ambulatoire "limite au mieux le temps de présence hospitalier" avec une continuité des soins très souvent déjà effectuée de manière non présentielle : appel du lendemain, SMS, visioconsultation, plateforme de suivi des parcours chirurgicaux, suivi par applications smartphone, etc. Dans la même logique, le chirurgien "peut programmer une téléconsultation postopératoire de contrôle pour limiter les risques résiduels de contamination dans les salles d'attente". Enfin, les liens avec la ville sont d'ores et déjà "renforcés car mieux formalisés pour sécuriser le retour au domicile", insiste l'association, allant du simple appel téléphonique de l'infirmier, du masseur-kinésithérapeute ou du médecin traitant à un suivi physique à domicile.

Par conséquent, l'Afca ne cache pas que la chirurgie ambulatoire est "sans doute une des solutions pour sécuriser la reprise de l'activité chirurgicale" après le coronavirus. Elle doit donc être "priorisée" à l'occasion de ce redémarrage et (re)prendre toute sa place dans les établissements de santé.

Des recommandations pour reprendre l'activité chirurgicale

De son côté, l'Académie nationale de chirurgie a diffusé le 4 mai ses recommandations en vue du déconfinement et de la reprise "indispensable dans les meilleurs délais" des activités chirurgicales (à télécharger ci-dessous). L'échelonnement de ce redémarrage doit tenir compte de l'état de remise en état des blocs et des salles de surveillance postinterventionnelles (SSPI) qui ont été transformés en réanimation, ou encore de la disponibilité des anesthésistes et infirmiers "après une période de repos nécessaire". Cela doit aussi s'accompagner d'un nombre suffisant de lits de réanimation ou de soins continus pour les actes lourds et complexes, d'un accès au matériel de protection et aux médicaments, ainsi qu'aux tests de dépistage.

Enfin, un bilan de l'état infectieux du patient sera effectué avant toute opération, ce qui peut ensuite modifier la programmation de l'acte chirurgical, prévient l'académie. Par exemple, écrit-elle, "la présence de symptômes évocateurs du Covid-19 entraîne le confinement et fait reporter le geste opératoire sauf en cas de perte de chance réelle ou d'urgence, traitée alors dans le circuit Covid-19".

Thomas Quéguiner

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