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La Fehap dénonce un fléchage à sens unique des aides vers les seuls hôpitaux publics

Dans l'immédiat, 377 M€ ont été débloqués pour aider les établissements de santé en première ligne face au Covid-19. La quasi totalité va aux hôpitaux publics, ce qui fait bondir la Fehap : le privé non lucratif est complètement oublié.Pour la Fehap, "force est de constater que l'histoire se répète sans cesse". La fédération hospitalière représentative du secteur privé à but non lucratif dénonce "une nouvelle fois" et "avec amertume" une "inégalité de traitement" avec l'hôpital public dans la gestion budgétaire de la crise sanitaire liée au coronavirus. Dans un communiqué, elle déplore en effet que l'enveloppe exceptionnelle d'urgence de 377 millions d'euros (M€) dévolue à l'allégement des tensions budgétaires des établissements de santé les plus exposés face au Covid-19 soit "orientée essentiellement" vers le secteur public (lire notre article). Et ceci malgré l'"engagement sans faille" des établissements de santé privés d'intérêt collectif. La fédération y voit "un risque de démobilisation à la hauteur de la déception".

"Sur le banc de touche"

À titre d'exemple, en région Grand-Est, "31,2 des 37,5 M€ ont été d'emblée fléchés vers les hôpitaux publics, ne laissant que 6,3 M€ à répartir entre tous les établissements impliqués, sur la seule base du nombre de lits de réanimation armés, et sans tenir compte des lits de médecine pré-emptés à cette fin". Ce cas n'est pas le seul, note le Fehap. En Auvergne-Rhône-Alpes, aucune structure de santé privée à but non lucratif n'a bénéficié de soutien de l'ARS à cause d'un ciblage des aides exclusivement sur le secteur public. En Île-de-France, là aussi "la répartition de l'enveloppe de 77 M€ a fait l'objet d'une ventilation prioritaire auprès des établissements publics", lesquels ont touché 85% des aides. Pourtant, souligne la fédération, ses établissements y "ont mobilisé, au regard de leur capacitaire initial, une part plus que proportionnelle en lits MCO de réanimation et hors réanimation dans la région".

Ce premier constat financier chiffré du coronavirus met en colère la directrice générale de la Fehap, Marie-Sophie Desaulle, dont les propos sont repris dans le communiqué. "Nous sommes [...] particulièrement attristés de constater, qu'une fois de plus, le secteur privé solidaire est mis sur le banc de touche", dénonce-t-elle (lire ici et nos articles). Et d'en appeler ouvertement au ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, pour qu'il révise au plus vite cette modélisation financière et qu'elle devienne enfin "équitable entre tous les secteurs".

Thomas Quéguiner

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